PREMIÈRE PARTIE. H
et tes sentiments ^ntSfcrîTrerrcar.ir!ftr(ig dg féu\oîi. malgré tout remportementd'un caur agité, je vois avec transport combien, dans une âme honnête, les passions les plus vives gardent encore le saint caractérede la vertu ! Quel monstre, après avoir lu cette louchante lettre, t)ourroit abuser de ton état, et témoigner par l'acte le plus marqué son profond mépris pour lui-même? Non, chère amante, prends confiance en un ami fidèle qui n'est point fait pour te tromper. Bien que ma raison soit à jamais perdue, bien que le trouble de mes sens s'accroisse à chaque instant, ta personne est désormais pour moi le plus charmant, mais le plus sacré dépôt dont jamais mortel fut honoré. Bfa flamme et son objet conserveront ensemble une inaltérable pureté. Je frémirois de porter la main sur tes chastes attraits plus que du plus vil inceste ; et tu n'es pas dans une sûreté plus inviolable avec ton père qu'avec ton amant. Oh ! si jamais cet amant heureux s'oublie un moment devant toi !... L'amant de Julie auroit une âme abjecte ! ^on, quand je cesserai d'aimer la vertu, je ne t'aimerai plus ; à ma première lâcheté, je ne veux plus que tu m'aimes. Rassure-toi donc, je t'en conjure au nom du tendre et pur amour qui nous unit ; c'est à lui de t'ètre garant de ma retenue et de mon respect; c'est à lui de te répondre de lui-même. Et pourquoi tes craintes iroient-elles plus loin que mes désirs ? à quel autre bonheur voudrois-je aspirer, si tout mon cœur suffît à peine à celui qu'il goûte ? Nous sommes jeunes tous deux, il est vrai ; nous aimons' pour la première et Tunique fois de la vie, et n'avons nulle expérience des passions : mais Thonneur qui nous conduit est-il un guide trompeur? a-t-il besoin d'une expérience suspecte qu'on n'acquiert qu'à force de vices? J'ignore si je m'abuse, mais il me semble que les sentiments droits sont tous au fond de mon cœur4 Je-Da-suis-p)int
un vil séducteur COrfimP In *"'''pp»"»" ^""'- *^^ /^Âcocpnîr^ yyiJUig^nn
homme simple et sensible, qui montre aisément cq qu'il nrnt, et ne sent fîén dont il doive rougir. Pour dire tout en un seul mot, j'abhorre'encore plus le crime que je n'aime Julie. Je ne sais, non, je ne sais pas même si l'amour que tu fais naitre est compatible avec l'oubli de la vertu, et si tout autre qu'une-^âme honnête peut sentir assez tous tes charmes. Pour moi, plus j'en suis pénétré, plus mes sentiments s'élèvent. Quel bien, que je n'aurois pas fait pour luimême, ne ferois-je pas maintenant pour me rendre digne de toi? Ah ! daigne te confier aux feux que tu m'inspires, et que tu sais si bien poriâer ; crws qu'il suffit que je t'adore pour respecter à jamais le piMenx dépôt dont tu m'as chargé. Oh ! quel cœur je vais posséder!
n LA NOUVELLE UÊLOtSB.
Vrai bonheur, gloire de ce qu'on aime, triomphe d'un ainoiir qui slionore, combien tu vaux mieux que tous ses plaisirs!