Yvetot, commune du canton de Valognes (Manche
2. L'abbé Lec.ou {Histoire da diocèse de Coutances) fait de Jacques de Ravalet le père de l'abbé de Hambye. Après quoi, il met à son actif deux assassinats : celui d'un de ses frères et celui d'un curé de Tourlaville, soi-disant tué à l'autel, le jour de Pâques.
En i552, pendant que Jean II étudiait encore à Caen, lui et son aîné devinrent en partie acquéreurs du fief Aubert-Hermite, et, dix ans plus tard, achetèrent le complément de ce fief aux héritiers de Jean Geroesme. Mais le cadet seul jouit des droits seigneuriaux, comme on le verra bientôt.
Avant de faire entrer les Ravalet dans le monde féodal, Jean II s'y était préparé par une carrière qui est un prodige d'activité cérébrale.
iNé à Cherbourg, vers i533, à quelques pas de l'église de la Trinité, il eut de bonne heure la vocation religieuse, chanta en compagnie des petits clercs, exalta sa jeune âme au son des orgues, s'enthousiasma pour les cérémonies du culte, d'autant plus impressionnantes que le catholique et royaliste Cotentin protestait, par leur éclat, contre l'austérité et la simplicité chères à Luther et plus tard à Calvin. Déjà bon musicien et excellent chantre, Jean commença ses classes au collège de Coutances, les poursuivit chez les Gordeliers de Yalognes ou au collège de cette ville*, puis apprit les langues anciennes à l'université de Caen, où il étudia aussi le droit civil et le droit canonique. Ce cycle se compléta, dans la même ville, par autant de mathématiques que pouvait en apprendre alors un écolier bien doué, déjà bon humaniste, et quatre années au moins de théologie, ce qui lui valut le bonnet de docteur. La faculté de théologie de Caen,
I. Les premières écoles de Coutances sont dues à Jean Hélye, et remontent à i499- On y enseignait le latin et la grammaire. Le véritable fondateur du collège fut, en 1669, l'évêque Arthur de Cossé. L'abbé de Hambve y institua la gratuité des études latines en 1602. Le collège de Valognes existait depuis i534.
fondée en idSy par Henri VI d'Angleterre, jouissait dans l'Ouest de la France d'un renom approchant fort de ceux de la Sorbonne et de l'université de Louvain.
Je ne serais nullement surpris si l'on découvrait un jour quelque poème latin de Jean II de Ravalet, écrit avec l'élégance et la pureté de style d'un précurseur de Santeul et de Daniel Huet.
A vingt-six ans, Jean II reçut la prêtrise à Coutances, et l'évêque Etienne Martel de Bricqueville *, désireux de s'attacher un clerc aussi savant et vertueux, lui fit avoir, la même année, 1069, la cure de Saint- Martin-des-Champs". Quelques mois auparavant, la princesse Jacqueline, duchesse d'Estouteville, et sa fille Adrienne l'avaient choisi pour secrétaire et conseiller, puis intendant de leurs domaines du Cotentin.
Les troubles religieux, les premières hostilités entre Royaux et Guisards rendaient plus que délicat à remplir cet emploi de confiance. Jean l'occupa aussi sous la petite-fille de Jacqueline, Marie d'Estouteville, veuve de François de Clèves, duchesse de devers, comtesse de Saint-Paul et baronne de Bricquebec'. Il en fut récompensé en i56i par l'abbaye bénédictine de Hambye*, que lui donna Charles IX à la prière de la princesse Marie (ce qui l'obligea de résigner sa cure), et l'année suivante par un cadeau quasi royal : la fief-
1. Etienne Martel de Bricqueville, évêque de Coutances, de i552 à i56i.
2. Saint-Martin-des-Champs, commune du canton d'Avranches (Manche) .
3. Bricquebec, chef- lieu de canton de l'arrondissement de Valognes (Manche).