‹ Julien et Marguerite de RavaletChapitre 18 sur 113 · Loris CHEYILLA.RD, AtlttS du Nobiliaire normand · texte numérisé non relu

Loris CHEYILLA.RD, AtlttS du Nobiliaire normand

3. Un généalogiste accorde deux filles de plus à Jean III et à sa femme : Catherine, épouse de Guillaume Quetil, et Marie, mariée à Gabriel de La Vigne. INous n'avons pas d'indication pré-

ses sourires, et parmi lesquels deux, Julien et Marguerite, fatal privilège, firent de leur existence un des plus terribles gestes passionnés dont on ait gardé le souvenir.

C'est à tort que des érudits locaux ont vu en Jean III un gentilhomme de la chambre du roi de Pologne, c'est-à-dire du duc d'Anjou, troisième fils d'Henri II et de Catherine de Médicis, plus tard Henri III \ En i586, Jean de Ravalet fut nommé maître particulier des eaux et forêts du Cotentin^ sur la présentation du gouverneur Matignon. C'était donner à sa vie une sage direction, employer honorablement ses loisirs de gentilhomme, maintenant que la guerre perdait peu à peu son caractère féroce. Il n'est point vrai qu'il ait été député aux Etats de Blois ni qu'il ait fait de nombreux séjours à Paris. Jean III de Ravalet ne vit la capitale qu'une ou deux fois, aux heures les plus angoissantes de son existence \ Devenu tout à fait Normand, comme tel très attaché au sol, il était né casanier, si l'on peut dire, et ne perdait de vue ses tourelles que pour surveiller les 'forêts et rivières dont il avait la garde, ou figurer à des assemblées de famille, des mariages, des baptêmes, des obsèques. A son retour de Rouen, où il était allé prêter serment devant la Chambre des corriptes et la Table de

cise sur Catherine. Quant à jNIarie de Ravalet, elle n'était point la fille, mais bien la sœur de Jean III.

I. Henri III cessa officiellement d'être roi de Pologne le 3 octobre 1675. Son successeur fut Etienne Batorj.

3. Registres de la Chambre des comptes de Rouen, 1086, f° 89.

3. Les séjours à Paris et à Blois, la charge de gentilhomme du roi de Pologne sont mentionnés, en même temps que d'autres légendes et erreurs, dans PoNTAL"Mo:?fT : Les Olim du château, de Tourlaville et les fausses Lettres de Marguerite et de Julien,

marbre', il s'enferma clans les devoirs de sa charge, tout en menant la vie des seigneurs terriens.

Il sortit pourtant de cette placidité d'humeur en iDgi, quand les huguenots tentèrent de reprendre Cherbourg, à la suite d'un complot tramé par l'aventurier Le Tourp. Le seigneur de Tourlaville, prévenu par la Besboue, une vieille femme qui venait de surprendre le secret des conjurés dans la forêt Saumarest, dépendance du fief, monta tout de suite à cheval suivi de son fds aîné, alors en vacances scolaires, et s'en fut donner l'alarme aux Cherbourgeois. Il y eut un combat auquel prirent part les deux Ravalet. Il coûta la vie à Le Tourp et à un GouberA-ille, et mit fin pour toujours, en cette région, aux prises d'armes protestantes.

Douze ans auparavant, un grand événement s'était produit dans la branche aînée, fondée par Michel, fils de Charles, et qui vivait loin de sa cadette, les Ravalet de Sideville. Ceux-ci avaient eu pour premier représentant Julien, sieur de Baudretot. A la demande de l'abbé de Hambye, et par lettres patentes du roi Henri III datées du i8 décembre 1079, ^^^ Ravalet aînés obtinrent de substituer à leur nom celui de Tourlaville ; et désormais, on ne les voit plus figurer autrement dans les actes authentiques et les registres de catholicité.

De tels changements étaient dans les habitudes, les mœurs de l'époque. Les noms de terres, de domaines, fieffés ou non, remplaçaient à la longue le nom patronymique. Ainsi des Mathieu mués en Montmorency, des Goyon changés en Matignon, des Crevel devenus Tocqueville. De même, un cousin par alliance des

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