RENÉE DE RIEUX
Dite la belle Chàteauneuf,
ancienne maîtresse d'Henri III, mariée
à Antonetti, capitaine des galères.
(D'après François Clouet.)
politique de Machiavel, la politicjue du Prince, qui met à mort Coligny, les deux Guises, Henri III et tant d'autres dont l'histoire n'a point retenu les noms. Le chancelier de Birague, d'origine ultramontaine, se fait fort de débarrasser Charles IX de ses ennemis au moyen de « quelques cuisiniers ». Combinazlone portant bien la marque du temps. Henri lY est l'objet de quarante-trois tentatives d'assassinat avant de succomber sous le couteau de Ravaillac. Qui 'arma la main de ce faible' d'esprit? La reine Marie de Médicis et ses deux amants, Concini et d'Epernon*.
Une jalousie tout italienne s'empare alors des maris et des femmes, des amants et des maîtresses. Les sourires et les baisers s'accompagnent de coups de dague, s'évanouissent dans le poison. La cour et la noblesse veulent à tout prix le pouvoir et le plaisir, mais elles excellent à se défendre contre les empiétements et les menaces. Le masque de velours ne cache pas seulement le visage féminin : il abrite aussi les fantaisies et les caprices amoureux. Malheur à l'imprudent, ou à l'imprudente, cpii manque à ses serments! La belle Renée de Rieux, mariée par amour à Antonetti, le tue virilement de sa main parce qu'elle l'a surpris a paillardant ». La princesse de Gondé empoisonne son
I. H. DE Balzac, Sur Catherine de Médicis, Introduction. Les Parisiens, qui savaient à quoi s'en tenir sur « l'amitié )i de Marie de Médicis pour Concini, devenu maréchal d'Ancre, ne se gênaient pas pour chanter en pleine rue, sur l'air de Ma mie, ô gué :
Si la reine doit avoir
Un fils dans le ventre, A coup sûr il sera noir.
Car il sera d'Ancre...
mari pour mieux se livrer à son page. Yillequier tue sa femme après cpiinze années de « carte blanche ». Montsoreau fait tuer Bussy ; Guise fait tuer Saint- Méo-rin. Simier tue son frère. Trois mignons attaquent troi's Guisards; deux mignons restent sur le carreau, et Henri III se lam.ente de scandaleuse façon à leurs funérailles. Les audacieux, les allants, n'en rnuguéteront pas moins les princesses et continueront à contrecarrer la politique^de leur roi. C'est surtout en un pareil temps, qu'on peut dire : (( L'expérience ne guérit personne. »
— « On se battait, dit Mérimée, pour se venger ou u se défaire d'un ennemi. Cette sauvagerie développait u à un haut degré l'énergie individuelle; elle formait « des amitiés solides, mais elle ôtait à l'opinion tout u son pouvoir. La société se divisait en groupes bien uunis, chacun autour d'un protecteur... Faut-il « s'étonner que des hommes élevés au miUeu des dis- (( cordes civiles, habitués aux armes, et regardant le « courage comme la seule vertu, ne confiassent^ qu'à (( leur épée le soin de leur honneur ou la réussite de u leurs projets' ? » Stendhal, admirateur de la passion partout où il la rencontre, en deçà comme au delà des monts, ne manque pas d'écrire : « Les guerres de la (( Ligue sont les temps héroïques de la France. Alors (( chacun se battait pour obtenir une certaine chose u qu'il désirait, faire triompher son parti et non pas u gagner une croix. Il y avait moins d'égoïsme et de (( petitesse. J'aime ce siècle'. »