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diacre » et curé, assisté de Fleury TrufTert, vicaire*.
De i6i5 à 1689, Jean III de Ravalet, qui avait été élu (( roi de la confrérie de Notre-Dame montée en la Trinité de Cherbourg », est onze fois parrain et assiste à deux mariages. Madeleine est treize fois marraine. Tout cela témoigne de la rayonnante honorabilité des époux Tourlaville*.
Madeleine de La Vigne avait obtenu de la famille Lefebvre, sans la moindre protestation, la garde de la jeune Louise, premier enfant de Marguerite. Jean III revint de Paris avec le pauvre petit né au Châtelet, pendant la détention de sa mère. La vue de cet enfant fut pour les deux vieillards l'objet de cruelles pensées ; mais tant qu'il vécut, — s'il vécut longtemps, ce qui est peu probable, — ni les soins ni la tendresse des grands -parents ne lui manquèrent. On ignore le sort de ce fruit de l'amour et du crime. Les registres de Notre-Dame de Tourlaville mentionnent l'inhumation, en i638, d'un Julien de Tourlaville, dit Saint-Julien, décédé à Cherbourg. Mais on ne saurait voir en lui, malgré son prénom et son curieux surnom, l'authentique rejeton des incestueux. Quant à Louise, une des premières bénédictines de Cherbourg, puis de Notre- Dame-de-Protection de Valognes, elle repose en ce couAent désaffecté, aux côtés de sa grand'mère.
Peu à peu, la solitude se faisait autour des châtelains. Gabrielle de Ravalet avait épousé Guillaume
1. Le curé Jean Sjbran mourut le i3 mars 16^9. Un descendant du vicaire Truflert est aujourd'hui forgeron à Tourlaville (I9i3).
2. Les registres paroissiaux antérieurs à 161 5 manquent en grande partie.
Le Fillastre, sieur de Saint-Christophe-du-Foc * ; Guillemette était la femme de Jacob de Varroc; et Madeleine, de Thomas Le Piccpielier. Jean lY, leur frère aîné, s'était marié sur le tard. Il portait le titre de sieur d'Emondeville et de la Communière, par donation de son père, mais n'exerçait aucune charge ou office, ayant eu beaucoup de mal, semble-t-il, à renoncer à la vie brillante et oisive des nobles. Philippe, d'un caractère à la fois doux et énergique, était sans doute officier. Peut-être aussi faut-il voir, en Philippe, le Ravalet qui épousa Jacqueline de Hennot en i635. Il allait encore au Rozel*, ébloui de la carrière du grand abbé et glorifiant sa mémoire. Jacques II avait la sieurie de Saint-Germain-le-Gaillard% mais il n'est nulle part question de son mariage.
Parmi les alliés de la maison Ravalet qui eurent, dès ce moment, l'espoir d'être un jour maîtres de la fiefîerme, les Franquetot sont au premier rang. Et cette pensée que sa terre et son château passeront à des parents pour lesquels il n'a qu'une médiocre estime attriste Jean III, lorsque, d'un pas alourdi par l'âge, il promène sa mélancolie et ses navrants souvenirs dans les salles du manoir.
Pendant l'été de 1689, Madeleine de La Vigne alla séjourner une ou deux semaines à Emondeville, son village natal, puis visita les Rénédictines de Valognes,
1. Gabrielle de Ravalet et Le Fillastre ont laissé des descendants qui existent encore. Leur fils, Philippe, épousa Catherine X..., puis, en juillet 1668, Louise Lecanu.
2. Le château du Rozel appartient aujourd'hui à M""» veuve de Courtivron (191 3).