Coigny, commune du canton de La Haye-du-Puits (Manche
2. Gabrielle parait avoir eu des droits particuliers à la succession de son frère Philippe (Archives ecclésiastiques de la Manche, H) et non de son beau-fils Philippe Le Fillastre (voyez page SSg).
Thomas de Ravalet, écuyer, sieur de Ravalet et du Mézerai, et de Françoise de Camprond, épouse Charles de Thieuville, seigneur de Bricquebosq*. Mariage remarquable en ceci que, cent ans plus tard, une arrièrepetite-fille de Jean Lefebvre épousera un Thieuville, et pour la troisième fois, les Lefebvre s'allieront aux Ravalet* ! En 1666, au moment des recherches ordonnées par Colbert en vue de démasquer les faux nobles,, de les rendre taillables et corvéables comme les vilains, on trouve dans les vicomtes de Valognes et de Carentan et dans le Bessin : plusieurs Ravalet de Sideville, dont un marié en i655 à Barbe Franquetot d'Auxois; Loys de Tourlaville, sieur d'Éroudeville depuis i6i5; Charles, Jacques, Tanneguy, Philippe, Nicolas et Julien de Tourlaville, sans la moindre conteste tous maintenus nobles.
Mais on dégénère, hélas 1 Vingt ans plus tard, en 1686, un René de Tourlaville, Ravalet authentique, exerce à Cherbourg l'état de marchand drapier et toilier*. Au reste, une maison de foulonnie?^ (sic) se voit encore de nos jours dans les dépendances du domaine de Tourlaville.
Jean lY de Ravalet s'était donc retiré à Bayeux,
1. Les Thieuville, qualifiés o illustres » dès le xiu" siècle, ont donné à la îSormandie Raoul de Thieuville, évêque d'Avranches, et Guillaume de Thieuville, neveu du précédent, évoque de Goutanccs en i3i5 fGallia christiana, XI),
2. Première alliance : 1600, Jean Lefebvre et Marguerite de Ravalet; deuxième alliance : 1606, Jean Lefebvre et Françoise Le Berseur, alliée aux Ravalet depuis i433; troisième alliance : vers 1700, une Lefebvre et un Thieuville, allié aux Ravalet depuis 1668.
3. Je dois ce curieux renseignement à M. Ingoult, d'Octeville.
JULIEN ET MARGUERITE DE RAVALET Sbj
assez médiocrement fortuné, et cela par suite de son oisiveté, sa mollesse, son manque d'esprit de suite. Il semble avoir eu deux femmes : Jeanne X..., qui lui donna deux fds, Bernardin et Jean Y, et qu'il perdit le 21 juillet 1602, et Scolastique de Marguerie, fille de Jean-Bernard de Marguerie, seigneur d'Étreham, à laquelle il s'unit en i64o*. On manque d'indications sur le sort de Bernardin, mais on sait que Jean V, sieur d'Émondeville, épousa Marguerite Yigot le 28 octobre iG35 et trépassa quatre jours après.
Jean IV, sieur d'Émondeville et de la Gommunière, mourut le 4 décembre i65o. Sa seconde femme ne lui survécut que trois jours. De leurs tardives joies conjugales, ils eurent un fils : Jean-Bernard YI de Ravalet, né en septembre i64i et tenu sur les fonts baptismaux par son grand-père J. B. de Marguerie et Madame de Pierrepont.
L'avant -dernier Ravalet-Tourlaville, Jean-Bernard YI, est une des figures les plus pittoresques et originales de la vieille maison normande. Homme d'esprit, joyeux compère, rappelant ces gentilsbommes campagnards, dont on entrevoit la rougeaude figure, l'air jovial, en feuilletant les Propos rustiques de Noël du Fail, il était bâti à chaux et à sable, et subsistait de ses moutons, de ses poules, de son beurre, de son cidre. Il atteignit l'âge passablement respectable de quatre-vingt-douze ans, — on durait longtemps dans la branche aînée des Ravalet", — et le Bessin n'a point
1. La maison de Marguerie, très considérée dans les pays de Vire et d'Alençon, portait : d'azur à trois marguerites de simple, posées deux en chef et une en pointe.