SIS JCL1K5 ES ASIE
se sépare d'elles arec le plus d^énergîe (i\ Tout p«ie i croire* aa contraire, q[ae c'est précisémeni ee qaH j a de plus aTentQreox daiks la psycliolo^ plalonifirme. particatièremeiit dans ses théories ssr les reporte de rame et du corps, qui fit sorioat imprcsioa ssr Fespni de Inlien. Soas la parole sédnisaiile et impéneose de Maxime il otiblia que jadis soa premier înslîliiteiir, Xardomvsv arec un ferme boa sens et «n înirlt%qit éclectisme, lui arait fut coûter Azêioêe en même kmps qne Malott. La pe&te de sa Batne le portait tos ces sxceasÎTes* tcss cctie sorte de màrrmMim plafaniqpe destiné à meaer la We !a plas active, i était ptiÉbdt* dmstÎ2ict« cl coa^empiatifet aa nNeor. Oa avait pa le j ver aixsi dè$ siul enfnnrr, To«i jcsiie« il lùacrrraîl depaaer de iMLnes hesres à contempler le soled: la lunL fî se le^ù piMir renrdier Les astres, i&- :sesi:aâLe alors x oaat ce «^ le payirf asÉjar de Im, et lue SK&aiit^ ncca%r%-t-{L p&cs ïvtL si ce <{a*aa lui dsaut a£ ce <(a^ âiiisaiî 1 . Le rimsu. «fe ilime lamjbêe dacàeL «capMÙee Àjeatscrirvie aoccveaa ea Dùi« après avoir aâan^ftTnmr dernfrf ciltf jes «£ââcsï> ie a pecsoftaa&f decrstj^. ie^xîs pLurf a Iîi pasbriie i^ soa naacàmfimi. Ceirp^ ^roarx^ sainf «iiafie aiftiios Naîtrait ,juBriâ&r3fiLSiia par j? càrêgaTHmt* ie rbi»aestnclSik ^amoàu^ e( ice la siKemfts itt comfiBssv ta an miviar xaa «fifiict «EURà{af et
^a^ali^Mt«NlC vc^fs A«^iur r<!fçu jss gggfflagnatmfe da
néo-plsctonisme sur r&me que Julien <c lava par une doctrine désaltérante la saumure de ses anciennes opinions, et reconnut les dieux qui existent véritablement & la place de celui qui n*a que l'apparence (1). »
Mais ce passage au paganisme eût été sans doute moins facile, si aux lumières ostensibles de la philosophie ne s^était jointe, en même temps, « Tétincelle cachée de Tart divinatoire (2). » Libanius atteste que ce furent les réponses des oracles qui adoucirent « la haine violente de Julien contre les dieux, » c'est-à-dire qui firent taire les dernières protestations de sa conscience chrétienne (3). Il est difficile de ne pas croire, ici, & quelque astuce des païens. On dut ourdir habilement une intrigue. En dépit de ses fréquentes dénégations, Julien était ambitieux. Il avait goûté à Constantinople les premières joies de la popularité. Des rêves de puissance et de grandeur avaient passé devant ses yeux. La vision du trône auquel il semblait destiné par sa naissance les avait souvent frappés. Maxime sut donner un corps à cette vision. Versé dans toutes les pratiques de la divination, il interpréta la volonté des dieux d'une manière qui à la fois flattait l'ambition de Julien et rassurait ses craintes. Toutes les vagues espérances du peuple de Constantinople furent ratifiées par les oracles d'Éphèse (k). En même temps, pour donner confiance à Julien et pour satisfaire son amour du merveilleux, on multiplia devant lui les prestiges. Le récit d'Eusèbe de Myndes a montré quelle était, en ceci, l'habileté de
(1) Libanius, Epitaphio» Juliani; Reiske, 1. 1. p. 528.
(2) Libanius, ProsphoneUcus ; Reiskc, t. 1, p. 408.
(4) Sozomène, V, 2.
314 JUUEN EN ASIE.
Maxime. Saint Grégoire de Nazianze a laissé, d'une de ces scènes d'occultisme, un récit curieux, où tous les détails probablement ne sont pas exacts, car il n'était pas témoin oculaire, mais qui montre au moins ce que l'imagination plus ou moins grossissante du public racontera plus tard des aventures traversées par Julien dans cette crise de sa vie.
« Julien descendait dans un sanctuaire souterrain, inaccessible au vulgaire. Il avait pour guide un homme très habile en ces sortes de choses, sophiste ou plutôt imposteur. Le genre de divination auquel on allait se livrer a pour théâtre habituel quelque caverne, dans laquelle se réunissent les démons infernaux pour annoncer l'avenir. Cependant, à mesure qu'il avançait, la terreur s'emparait de lui; bientôt elle fut au comble. On entendait, dit-on, des bruits insolites, on respirait d'étranges odeurs, on apercevait des spectres de feu, et d'autres absurdités. Frappé de la nouveauté du spectacle, car il débutait alors dans les sciences occultes, Julien eut recours au vieux remède, la croix, et en traça le signe sur sa personne, tout en appelant son compagnon au secours. Subissant la force de la croix, les démons s'évanouirent; mais avec eux s'évanouit aussi la terreur. Julien reprit courage, et recommença la tentative; puis de nouveau la peur le saisit, de nouveau il fit le signe de la croix, et les démons disparurent. Il s'arrête alors, incertain du parti qu'il prendra. Mais le pontife païen, debout à son côté, interpréta malignement ce qui venait de se produire. « Nous leur avons fait horreur, et non pas peur, dit-il; ce qui est plus mauvais a vaincu. » Par ces paroles, il persuada son disciple, et l'entraîna vers sa perte. Qu'a-t-il fait et dit ensuite, de
JUUEN EN ASIE. 316
quelles impostures Julien a-t-il été le jouet avant de remonter sur la terre, ceux-là seuls le savent qui ont été initiés ou qui ont initié à ces mystères. » Saint Grégoire ajoute qu'en revoyant la lumière Julien avait le regard d'un furieux ou d'un fou, et semblait vraiment possédé du démon (1).
Si de tels récitsse répétaient encore dix ans plus tard, époque où saint Grégoire composa ses invectives contre Julien, on croirasans peine que dès le moment où celuici eut des colloques suspects avec Maxime, des bruits du même genre, plus ou moins précis, coururent dans le public. Us vinrent aux oreilles de Gallus. Ce jeune César résidait alors à Ântioche. Malgré ses défauts et ses vices, imputables en partie soit à sa femme, l'altière Constantine (2), soit à l'éducation contrainte et solitaire qu'il avait reçue en Cappadoce (3) , Gallus était sincèrement chrétien. Il avait montré récemment son zèle contre le paganisme en transférant les reliques du martyr Babylas d'Antioche à Daphné, afin de purifier ce lieu de superstition et de débauche (&). Sans doute sa religion n'était ni très éclairée, ni très pure. Mal vu de lui d'abord, le chef delà secte deseunoméens, Aétius, dont l'esprit logique (5) devait tirer des principes de l'arianisme des conséquences qui épouvantèrent les ariens eux-mêmes, avait réussi i s'insinuer dans sa faveur (6). Mais on ne peut nier que,
(1) Saint Grégoire de Nazianze, Oratio IV, 55-56. Cf. Théodoral, ecci., lil, 3.
(2) Aramien Marcellin, XIV, 1.
(3) Julien, i?p au sénat et au peuple d'Athènes; Hertlein, pLfl
(4) Soiomène, V, 19.
(5) Curieux dMails donnés par Socrate, II, 35, sur remploi f» Ai dans son argumentation, de la méthode aristotélicienne.
(6) Sur Aétius, voir Tillemont, art. lut et lxt sur teidi^i Mémoires, t. VI, p. 403 et suir.
Si6 JULIEN EN ASIE.
si mal entouré qu'il fût, Gallus n'ait eu en matière religieuse une réelle bonne volonté. Aussi, dès qu'il entendit parler du penchant de Julien vers le culte des dieux, essaya-t-îi de Ten détourner. Il lui députa plusieurs fois Aétius (1). Julien connaissait peut-être déjà celui-ci (S). Il n'eut pas de peine à le tromper sur ses vrais sentiments, car, devenu tout païen par le cœur, et secrètement adonné aux pratiques les plus superstitieuses, Juliens'appliquait à ce moment même à cacher sa conversion sous les dehors d'une dévotion outrée.
Les païens, en etfet, n'avaient pas su garder complètement le secret d'un transfuge dont ils se glorifiaient. Son assiduité auprès de Maxime, probablement aussi ses libéralités envers ses maîtres et ses amis païens (3), avaient trahi pour eux le changement de religion de Julien. De là, dans tous leurs groupes, un tressaillement trop visible d'allégresse et d'espérance. Libanius, précieux témoin de cet état d'esprit de ses coreligionnaires, dit que a tout ce qui avait de la sagacité, tant sur le continent que dans les lies (4), » levait les yeux vers Julien. On affluait auprès de lui. Les autels et les oracles étaient secrètement interrogés à son sujet. « Tout l'art divinatoire était mis en mouvement pour apprendre ce que nos yeux voient maintenant. » Il parait que les ré-
(1) Philostorge, Hist. eccL, lll, 27; saint Grégoire de Mysse, Contra Eunom,, I.
(2) ToOicarpèç^uLÛv 'AetCou. Lettre de Gallus à Julien, dans Hertlein,p.6l3.
(3) Ëunape, Vitae soph,, Maximus (éà.D'idoi, p. iTi))L\bnmus, Ép. 372- Julien, à cette époque, était rentré en possession non seulement de Théritage de sa grand'mère maternelle (Fragment d'une lettre; Hertlein, p. 373), mais encore, ainsi que l'indique la lettre citée de Libanius, de ses biens du côté paternel, tûv TcaTpocjîv. CF. Koch, Kaiser Julian der Abirilnnigey p. 362.
(4) Libanius, Épitaphios Juliani; Reiske, 1. 1, p. 528.
ponses étaient favorables : « les dieux bienveillants manifestaient leur contentement. » Aussi tous les cœurs païens, tous ceux qui attendaient la revanche de l'ancien culte, reconnaissaient-ils d'avance Julien pour leur roi. <c Tu as régné longtemps avant de porter la cblamyde de pourpre, lui dit Libanius; tu as possédé la souveraineté avant d*en avoir les insignes (1) » Mais il était à craindre que ce qui était si connu des païens ne le devint bientôt aussi de Constance. Heureusement pour Julien, Tempereur était alors en Occident, occupé à combattre la redoutable rébellion de Magnence. La distance, des soins plus pressants, Tempéchèrent probablement de surveiller son jeune parent. Cependant Socrate et Sozomène disent qu'il finit par être prévenu de ce qui se passait. Ils ajoutent que Julien, pour se disculper, se hâta de reprendre dans l'église de Nicomédic ses anciennes fonctions de lecteur. Il se fit même tonsurer, dit-on, et se mit à vivre comme un moine {%). « Après avoir été jadis chrétien véritable, il se fit faux chrétien, » écrit Socrate ^). Aux yeux de Julien, cette conduite était naturelle. Il excusera plus tard, dans un édit public, les païens qui, sous Constance, dissimulaient ainsi leurs opinions religieuses (&). Plus indulgent encore, Libanius voit dans la prudence de son héros un bon tour joué à Constance et aux chrétiens. « Ésope, dit-il, aurait à ce sujet fait une fable, non pas l'àne caché dans la peau du lion, mais le lion caché dans la peauder&ne(5).»
(1) Prosphoneticus ; Reiske» t. I, p. 409.
(2) Socrate, III, 1 ; Sozomène, V, 2.
(3) Socrate, /. c.
(4) Julien, Ép. 42 (édit sur les professeurs chrétiens). (5} Libanins, Epitaphios Juliani; Reiske, 1. 1, p. 528.
On s'accorde généralement à considérer comme apocryphe mie lettre de Gallus, insérée dans toutes les éditions à la suite de la correspondance de Julien (1). Le César y exprimeson contentementdes nouvelles qu'Aétius lui a apportées. Il avait entendu dire que Julien avait abjuré la religion paternelle. Hais, rentré à Antioche, Aétius venait de lui raconter ce qu'il avait vu : Julien fréquentant les maisons de prière, dévot aux martyrs, fermement attaché à la religion de Constantin. Aussi Gallus mandait-il à son frère sa joie, d'autant plus vive que ses craintes avaient été d'abord plus grandes : il l'exhorte à s'écarter toujours du polythéisme, et à demeurer fidèle au vrai Dieu. Cette lettre parait si bien en situation, elle est si conforme à ce que nous ont appris tous les historiens, chrétiens comme Socrate ou Sozomène, païens comme Libanius, qu'il paraîtra, croyons-nous, plus imprudent de la rejeter sans preuves que de l'admettre (2).
Julien manqua d*étre enveloppé dans la disgrâce de son frère Gallus, et, à la mort de celui-ci, se trouva en grand péril.
Gallus avait gouverné l'Orient comme on pouvait raisonnablement l'attendre d'un jeune prince porté, sans préparation, de Fisolement d'une demi-captivité jusqu'à
(1) HerUein, p. 613.
(2) « Haec epistola sparia yidetar, » écrit le P. Petau ; mais il n'apporte pas d'argument à Tappai de cette condamnation sommaire. La lettre « paroist assez conforme au rapport des historiens et à l'hypocrisie de Julien pour ne pas la rejeter si aisément, • lui répond Tillemont, Eist des empereurs, t. IV, p. 492.
un pouvoir presque absolu, « passé soudain des champs au palais, » selon l'expression de Julien (1). On ne peut nier, cependant, qu'il n'ait montré « quelques qualités royales (2) ». Hais la légèreté, l'amour des plaisirs, en particulier un goût immodéré pour les spectacles, eniSn une cruauté soit naturelle, soit suggérée, avaient promptement g&té ces heureux dons (3). On le voit, en 352, réprimer avec énergie un soulèvement des Juifs de Palestine (4); en 354, ordonner contre les Isaures une expédition victorieuse (5). Hais, cette même année, il fait preuve à la fois d'impéritie, de violence et de lâcheté. Voulant — comme le tentera plus tard Julien — taxer à Antioche le prix des denrées, il réprime cruellement la résistance des magistrats de cette ville, puis livre luimême à la colère du peuple le gouverneur de Syrie (6). Bientôt il résiste ouvertement à Constance, qui le mandait près de lui à Milan, et fait emprisonner, puis mettre à mort le préfet du prétoire et d'autres hauts fonctionnaires (7). Cependant, effrayée, la princesse Constantine, femme de Gallus, se décide à se rendre en Italie; mais elle meurt subitement en traversant la Bithynie (8). Atterré de cette mort, qui le privait de son meilleur appui, gardant cependant l'espoir de fléchir la colère de Constance, Gallus part à son tour : son terrible beau-frère ne le laisse pas parvenir jusqu'à lui : en route il est
(1) Jalieo, Ép. au sénat et au peuple d'Athènes; Herileia, p. 3^0.
(2) c aegUm indolem. • Saiot Jérôme, Chron,
(3) Ammien MarceUio, XIV, i, 7.
(4) SaiBt Jértoe, Chron,; Socrite, U, 33 ; Soiomène, IV, 7.
(5) Ammieo Marcdlio, XIV, 2.
(6) Aminiea Mareellio, XiV, 7.
(8; IHd., il.
contraint à Tabdication, jugé, condamné et exécuté (1).
Il eût été surprenant que Julien ne ressentit pas le contre-coup de ces tragiques péripéties. Si Constance avait frappé Gallus, c^était moins pour punir ses crimes ou ses excès que pour abattre un commencement de rébellion (2). On croira aisément qu'après avoir consacré tant de laborieuses années à rétablir l'unité du gouver^ nement, compromise par l'audacieuse et d'abord heureuse révolte de Hagnence, le fils de Constantin n'était pas d'humeur à tolérer dans sa propre famille un compétiteur et un rival. A en croire même le témoignage toujours un peu suspect de Julien, Constance n'avait cessé de haïr Gallus depuis le jour où il l'avait revêtu de la pourpre (3). Cela n'est point tout à fait incompatible avec ce que nous savons de son caractère (4). Aussi ne s'étonnera-t-on pas que l'amitié fraternelle qui avait sincèrement uni Gallus et Julien laissât planer quelque soupçon sur celui-ci.
Constance était entouré de délateurs, dont les accusations perfides avaient peut-être contribué à exaspérer Gallus (5), et qui s'acharnaient maintenant à perdre tous ceux qui l'avaient approché (6). Ils firent un crime à Julien d'avoir quitté Hacellum, d'avoir séjourné en Asie, sous prétexte d'études, et d'avoir vu Gallus lorsque
(1) ibid, — Goostance ne permit pas que Gtllos fût déposé dans le tombeau de sa famille, ni que l'on rendit hommage à sa mémoire. Julien, Êp.au sénat et au peuple d'Athènes ; HerUein, p. S49.
(2) Socrale, II, 34; Soiomène, IV, 7.
(3) Julien, Ép. au sénat et au peuple d'Athènes; HerUein, p. S50.
(4) « Ut erat in propinquiUtis perniciem incUnatior. > Ammieo Marc^ lin, XIV, 11.
(5) Julien /. c. ; cf. Ammien Mareellin, XIV, 1,11.
(6) Ammien Mareellin, XV, 3, 3.
celui-ci traversa la Bithynie pour aller prendre à Antioche possession du pouvoir (1). Julien fut mandé par Constance en Italie pour répondre à ces accusations. Libanius assure que, dans cette phase difficile de sa vie, il montra autant de dignité que de prudence. Il s'abstint de porter aucune accusation contre la mémoire de son frère, tout en se gardant de le plaindre ouvertement (2). 11 fit seulement remarquer que son départ de Macellum et son séjoUr en Asie avaient été autorisés par Constance (3) ; que, durant les quatre années du règne de Gallus, il Tavait vu une seule fois, tout au début (&), et n'avait ensuite échangé avec lui que des lettres insignifiantes (5). Pendant qu'on instruisait ainsi son procès, Julien fut, s'il faut l'en croire, traîné, sept mois durant, de prison en prison (6). Cependant, un autre mot de lui laisse voir que, cette fois encore, la captivité n'était pas très rigoureuse. Il était, dit-il, à l'armée (7), exposé aux plus grands dangers, c'est-à-dire, apparemment, qu^il suivait Constance et son escorte dans leurs divers déplacements. Et pendant ce moment même, il n'était pas privé de correspondre avec ses amis. « Rappelle-toi, ditil àThémistius, quelles lettres je t'écrivais alors : étaientelles remplies de larmes? y trouvait-on quelque petitesse.
(1) Ibid.f 3. — Ammien Marcellin dit que l'en Irerue afec Gallus eut lieu à Constantinople; Ubanius {Epilaphios) et Socrate (Hisi, ecc/., III, i) la placent afec plus de rraisemblance à Nicomédie.
(2) Libanias, Epiiaphios Juliani
(3) Ammien Marcellin, XV, 2.
(4) Ibid.
(5) Julien, Ép. au sénat et au peuple d'Athènes ;UeTi\e\n, p. 352.
(6) Ibid,
(7) T^ arpoToirédcp. Ép. à Thémistius ; Hertlein, p. 336. — CF. saint Luc, XXIII, 11 : é|ou6t>nQ9oic aOxdv 6 *Hpb>6ii; aùv toT; aTpxTE*j(x>fftv aOioO, « sprerit eum Uerodes cam exercitu suo. »
jCMEif l'apostat. — I. 21
un ton bas et indigne d'un homme de cœur (1)? » Cependant il semble avoir 6ouru un vrai péril. Peu s*en fallut, rapporte Ammien Harcellin, que ses ennemis ne fissent prononcer contre lui une condamnation capitale(2) .
L'intervention de l'impératrice Eusébie le sauva.
Cette Macédonienne, que Constance épousa en secondes ou en troisièmes noces vers 352 (3), nous est surtout connue par les éloges des contemporains. Elle était, dit Ammien Marcellin, belle, honnête, humaine (4) ; le même historien, cependant, lui attribue une très vilaine action (5). J ulien loue l'illustration de sa famille , et particulièrement les vertus de sa mère (6). Constance parait avoir été très épris d'elle, car les fêtes de son mariage furent célébrées avec une magnificence extraordinaire (7). Eusébie se servit de son crédit sur l'empereur pour faire avancer sa famille, en procurant à tous les siens, vieux ou jeunes, soit les postes les plus élevés, soit au moins de bonnes places (8). Mais elle parait avoir aussi exercé soninQuence d'une manière noble et désintéressée : nombreux sont les coupables dont elle obtint la grâce, les accusés au profit desquels elle fit tourner les doutes qui s'élevaient dans l'esprit des juges (9) ; Julien ajoute que personne ne fut jamais molesté à cause d'elle (10). Plus que tout autre,
(1) Ép. à ThémisUus; Hei tiein, p. 336.
(2) Ammien Marcellin, XV, 2.
(3) Tillemont, Hist. des empereun, t. IV, p. 880 et 676.
(4) Ammien Marcellin, XXI, 6.
(5) Ibid,, XVI, 10.
(6) Julien, Oratio III, éloge de Timpératrice Eusébie ; Uerllein, p. 138, 140, 141.
(7) ibid., p. 142.
(8) Ibid., p. 149.
(9) Ibid., p. 147.
(10) Ibid.
il eut à se louer de sa mansuétude. L'isolement de Julien, accablé par ses accusateurs, avait excité la pitié de la jeune femme. Elle demanda à Tempereur « de faire une enquête avant d'admettre Taccusation (1). » Elle prit même sa défense et « réfuta, dit Julien, des calomnies perfides et grossières, en y opposant le témoignage de ma vie privée (2). » Enfin, elle lui ménagea une audience du prince. Julien n'avait pas vu celui-ci depuis l'âge de seize ans, lors du voyage de Constance en Cappadoce, Tan 347 . Maintenant, tout en le traînant partout à sa suite, l'empereur refusait de le recevoir. Six mois durant, Julien demeura à Milan en même temps que Constance, et ne parvint pas à le voir une seule fois (3) . Il attribue cette rigueur aux intrigues du chambellan favori, l'eunuque Eusèbe (&). Enfin, la bonté d'Eusébie triompha. Elle obtint que son mari reçût Julien (5). Ce fut le salut de celui-ci. Il se lava sans peine des soupçons dont il était l'objet. L'empereur lui assigna Côme pour résidence (6).
Cependant Julien désirait toujours revoir l'Asie. Là étaient les biens de sa mère : il songeait à se retirer dans une maison ayant appartenu à celle-ci, soit en Bithynie, soit en lonie. Il espérait trouver en ce lieu une retraite sûre, loin des intrigues de la cour : probablement se réjouissait-il aussi à la pensée de se rapprocher de ses chers maîtres néo -platoniciens. Il pria Eusébie de mettre le comble à ses bienfaits, en obtenant pour lui de
(1) Ibid,, p. 152.
(3) IHd., p. 155.
(3) Julien, Ép, au sénat et au peuph à* Athènes; Hcrllein, p. 353.
(4) Ibid.
(5) Julien, Ép. au sénat et au peuple d'Athènes; iM.
(6) Ammien Marcellin, XV, U.
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pr^ àt xbMi 1l7 er îH-ErîTa àe iw sentàr anré. quoique
iiv*sc j»»fix»*. xxiiLiiJitexirrBpiTin & âdmôiEm iebmit qu'il
ne Irubt dt ot DMt Ofii projet» de rérolte. Toas *tci sans
docte exite&dD parler à'AfriciLiiQi. et de Maiinos : tous
Xi ignorez pus non pins ie soin de Félix, ni toat ce qui
ht rapporte & oes âifférents pezvnmag^s. A peine lenr
projet ent-iJ été rérvéié k lempereur, qnc Dynamios, to-
tre caiomniatenr, loi annonce nne gnerK en Ganle aussi
bùrcmciit qa QDt croc du Nil. Frappé de terreur, craignâDt
pour sa vie, il m'envoie Tordre de me retirer quelque
t'-mps en Grèce <i\ » C'est donc entre la prétendue
(ontipiratioD d'Africanus en Pannonie, vers irmî 355 [3 ,
ft leb coujmeDcenienls de la courte révolte de Silvanas
en Ganle, en juillet de la même année (4), que Constance,
Montant réveillés les soupçons qu'avaient excités les inei-
deuts du premier séjour de Julien en Asie, lai donna
l'ordre de se rendre en Grèce. Eusébie semble encore
n'avoir pas été étrangère au cboix du lieu assigné pour
le nouvel exil. « Elle connaissait mon goût pour les éto-
.1) Julien, Oraeio III; Hertlfin. p. 152.
{7) J«liea. Ép. «a téiûî et au peuple (T Athènes; HcrUda. p. W.
(I) AMaicaMMsIUa, XV, l. L'hiMorirn ne doibbm pm FéUi, éoAi
i{>irt,imm éê^M i* fi»»*^* ^ Julien.
4 j Itt^Mi Martt'f'' ^ ^ • Joliena deux fois noontè li rèviteà > U tr'™>^ ^ SMoad fmè^. de CoMtaace); B^
îttéraircs, et elle savait cette contrée favorable à ?uction(l], » raconte Julien. Voyant que Julien ne lit rester plus longtemps en Asie, elle obtint de »ereur qu'il serait envoyé dans le pays où l'exil lui
le plus profitable et le moins amer.
'ons*en rapporte à sa Lettre aux Athéniens, c*cst avec les sentiments d'un exilé que Julien quitta . Si Ton en croit, au contraire, son Éloge d'Eusébie^ le cœur plein de joie et de reconnaissance qu'il se ea vers son nouveau séjour. « Je priai le ciel, comme levait être, de répandre ses biens sur elle et sur son s, auxquels j'allais devoir le bonheur de voir ma ible et chère patrie. Car nous, habitants de la Thrace rionie, nous sommes tout à fait Grecs d'origine, et d'entre nous qui ne sont poiut trop ingrats désirent asser leurs pères et saluer leur pays. Je soupirais is longtemps après ce bonheur, et j'eusse donné en jouir beaucoup d'or et d'argent (2). » Il estproi qu'au début Tordre d'exil surprit désagréablement Q, mais que la pensée de voir pour la première fois les, et de puiser aux sources les plus réputées delà ce et de la sagesse helléniques, le réconcilia vite son sort. Lui-même le laisse entendre, dans une
moins offlcielle, et par conséquent plus sincère, VÉloge d'Eusébie. « Quand j'allai en Grèce (3), au
lulien, Oratio III; Hcrtiein, p. 152.
bid.
)n a 8upi)Osé (Mûcke, Flavius Claudius Julianus, p. 37-J«)^ arait fait un premier séjour en Grèce aranl celui de S5i. A D se fonde sur l'expression dont il se sert, quand il écrit à ttb 'Aittwv eU t^v 'EUàS» iciXiv. Mais iciXiv ici doit signifier «4 nies circonslances. » Julien vient de parler de son int et parle ensuite de son arrivée en Grèce. Voir Wo "
ZLii'Ux^ss. *.»L Mbrrz. "y 7 lj; rit* ,■* i^ltul:^ z«i«t? . *x:i. —
*r'rr-l fc Zzj'.z:^:i^i± — i u- •* z:*:nji -•toi 1& fcr^-iie
71-17 *■'*-'• pi:*>--" ii«j- ^^ i»^^» trrriil* échinée Tj* irt 1— •ri*T !.'T: t:»* :i îri i* 1 htlIz. z»:*zt de l'or.
y^'jj. - *-'-iàèi-i:t-: ii-:i. i':;-.* y:*ZT ^l Grêt^t. m cef»rndaiit
m --. >«. «Ttrit j* «ii.L V. :.::? ài^s 1& capitale de l'Atuju* '.II. fc'd-tLi: îresr::. « J* nit riip^»eile avec joie les ♦'Lire'-^n* c Ail-:*«- > di:t-:-il cnelc^es aimées jJus tard i : sh ptLâr-^ i:*: >:»ur:-a «: àetacber « des jardins, au iaubourç c"Ai:iêL*s. de* alît-es de myrtes et de la j»^ûi^ iLb.î*»:iL G*: Soirfci* 3 . ■ CffK- L'dîiiit on admettra diîticiifciLtriit qur ief tTude* qu i. y lit aient pn avoir sur ih directioii de sa pensée ijine influence aussi grande que je* impresâoLj' i-eçues h Nicomèdie, à Pergmne ou à LpL«.c. Les louaiiçes pr:«diiruèes par Julien à la ville où It jrénie çrec se rèsunùe dans sa perfection la plus accomplie, les détails donnés par Crécroîre de Xazianze sur le séjour qu y lit le futur restaurateur de rhcllénisme, ont lait illusion : mais la vérité, c'est que Julien demeara en tout trois mois à Athènes, de juillet à septembre 355. et que son esprit ne put en si peu de temps s'enrichir de beaucoup d'acquisitions nouvelles.
ww, iUm DicL of chrttl. biopr., 1. III, p. 494; cf. Rode, €esch. <'«• Eeaktion kaiser Julians gegr.n die christl. Kirche, p. *'» "***' ?'' Eoch, Kaiser JuUan der Ablrinnige, p- 362-303. Lliyp^b*»**" séjour anlérîear tm Grte te rondlienit malaiséiDeiit arec b chroMtfo?» tonne <c iiiia 4e latte».
{I ) llritai, 4^ é ThiimuU^ ; HerUein, p. 336.
Athènes, quand y arriva Julien, était bien déchue de son antique splendeur. Dès le second siècle de notre ère, elle apparaît très dépeuplée. Les invasions du siècle suivant achevèrent de l'appauvrir. Cependant, au iv* siècle, elle jette encore un grand éclat littéraire. Venir étudier à Athènes est le rêve de quiconque aspire à se faire un nom parmi les rhéteurs ou les sophistes. C'est que la forte organisation universitaire qu'avait donnée à la capitale de l'Attique le siècle des Antonins survit à toutes les ruines. Les professeurs officiels, rétribués par l'État, rivalisent d'influence avec les professeurs libres. Les étudiants affluent. Il en vient de toutes les contrées soumises à l'Empire romain. Libyens, Égyptiens, Arabes, Syriens, Asiatiques, Byzantins, Italiens et Gaulois s'y rencontrent. Ils paraissent avoir été divisés par nations, comme dans les universités du moyen &ge. Redoutables entre tous sont les Arméniens. Les contemporains, particulièrement Libanius et Grégoire de Nazianze (1), ont laissé des tableaux très vivants de cette turbulente jeunesse. Ses allures contrastent singulièrement avec la tenue sévère et l'exacte discipline imposées naguère à l'éphébie attique. Il fallait un certain courage pour se faire inscrire parmi les étudiants, car chaque nouveau venu était l'objet de plaisanteries et de brimades plus ou moins vives, selon le degré de rusticité ou de bonne humeur du candidat. Il tombait ensuite dans les mains de rabatteurs aux gages des maîtres, qui s'efforçaient de l'entraîner vers telle ou telle école. Enfin une longue procession le conduisait au bain, avec accompagnement de chants et de danses, et son initiation n'était complète
(1) Saint Grégoire de Nazianze, Oratio XLUI, 15-18 ; Libanios, De vita.
qu*aprèsce baptême universitaire. Les étudiants athéniens n'étaient pas, pour la plupart, de tout jeunes gens : souvent ils arrivaient après avoir épuisé toutes les ressources d'éducation de leur ville ou de leur province natale et arraché à grand'peine le consentement de parents qae Téloignement et la distance effrayaient. Libanius avait d'abord étudié à Ântioche ; sa famille et ses amis essayèrent de le retenir en lui offrant les plus brillants mariages : « J'aurais, dit-il, rejeté Tunion d'une déesse pour voir seulement la fumée d'Athènes. » Quand saint Grégoire de Nazianze y vint, il avait entendu non seulement les maîtres de la Cappadoce, mais encore les professeurs renommés de Palestine et d'Alexandrie (1). Saint Basile avait étudié aussi non seulement en Cappadoce, mais à Constantinople, avant d'aller finir son éducation à Athènes (2). Il avait vingt-six ans quand il quitta cette ville : Grégoire parait y être resté jusqu'à sa trentième année. Aussi les plus distingués et les plus mi!u*s des étudiants athéniens avaient-ils quelquefois une réputation qui rivalisait presque avec celle de leurs professeurs, et dépassait les limites de la Grèce (3).
On se figure aisément l'effet produit par l'arrivée de Julien dans ce milieu agité, où tous les extrêmes se rencontraient, adolescents venus de contrées sauvages, et à peine dégrossis, jeunes gens déjà raffinés par une longue culture intellectuelle (4), étudiants si pauvres qu'ils devaient habiter ensemble le même logis, et pour sortir tour à tour se prêtaient la même tunique et le même
(1) Saint Grégoire de Nazianze, OratioXW, X\.
(2) Saint Grê};oire de Nazianze, Oratio XLIII, It. m Ibid., '12,
(4) Ihid.y 15.
manteau (1), rejetons d'opulentes ou illustres familles (2). La présence d'un jeune prince qu'avaient déjà rendu célèbre ses malheurs, et que recommandait, outre son rang, l'amitié des plus illustres néo-platom'ciens, ne pouvait manquer d'exciter un vif intérêt dans cette foule mélangée (3). Peut-étrece qui transpirait de ses sentiments religieux y ajoutait-il encore. Athènes, dans l'ensemble, était demeurée une ville païenne. Pas plus dans ce sanctuaire de l'hellénisme qu'à Rome même n'avaient été exécutées les lois de Constance proscrivant l'idolâtrie. Les idoles y étaient, dit saint Grégoire, plus nombreuses qu'ailleurs (4). Julien, dans un discours dédié à Constance, parlera en 360 de la statue de Minerve trônant à l'Acropole (5). Himère décrit en témoin la procession des Panathénées (6). Temples, sacrifices, fêtes, jeux, collèges sacerdotaux, rien n'a disparu de ce qui faisait l'éclat ou la parure de l'ancien culte. La majorité des professeurs était païenne. Parmi les sophistes fameux qui enseignaient à Athènes, on cite un seul chrétien, Prohaeresius (7). Quant aux étudiants, il est impos-
(1) Eunape, Vitaesoph., Prohaeresius; éd. Didot, p. 487.
(2) Saint Grégoire de Nazianze, Oralio XUII, 15.
(3) Julien eot-il l'occasion, à ce moment, de se mêler des afTaires publiques? Si le morceau intitulé *ricàp 'Ap-retu>v (Ep. 36; Hertlein, p. 52G-531) est authentique, on n'y peut guère reconnaître qu'une requête adressée au proconsul d'Achaîe, pour soutenir une demande des habitants d'Argos contre ceux de Corinthe : et celte requête ne se peut aisément placer que pendant le séjour de Julien en Grèce. Voir Cumonf, Sur V authenticité de quelques lettres de Julien, p. 21, note 1. Peut-êlre y auraitil lieu de proposer une autre hypothèse : c'est que rtnèp 'A^yiita^ ne serait pas autre chose qu'un exercice d'école, une declamatio.
(4) Saint Grégoire de Nazianze, Oratio XLIII, 21.
(5) Julien, Oratio II, second panégyrique de Constance ; Hertiein, p. 68.
(6) Ilimère, Oratio III, 12 (éd. Didot, p. 53).
(7) Saint Jérôme, Chron., ad. olymp. 286. — On a ctpendant émis des doutes sur le christianisme de Prohaeresius; foir Lalanne, Influence des
sible de dire quelle religion comptait parmi eux le plus d*adeptes. Sans doute, la forme païenne de l'éducation, le milieu tout hellénique où ils vivaient, devaient exercer sur les convictions flottantes de beaucoup d*entre eux une influence peu favorable au christianisme. Cependant le grand nombre des jeunes gens venus des contrées de TAsie les plus anciennement évangélisées, et aussi la facilité avec laquelle on voit les familles les plus chrétiennes^ comme celles de saint Grégoire de Naxianze ou de saint Basile^ permettre à leurs fils d'étudier à Athènes, donnent lieu de croire que les chrétiens ne sV trouvaient pus isolés. Maison croira facilement aussi que peu nombreux sont ceux quû comme les deux amis de Cappadoce, ne c^>Qnais$aient de la ville de Minerve que le chemin de IVglise et celui de Técole* ignoraient les roates menant au\ festins et au\ sp<fctacles« et se fortifiaient dans la foi par la vue même de TidoUtrie ;i^.
Julien parait avoir fréquenté de préférence^ bien que sans oc$ientaùoa. :kfs camarades paieosw liKarij^^ le laonlie entoure par une foule d iioomies de toos fe» Ages, phîl« :»ophesk rhéieurs. etuàîiuits^ et ga^oant la faveur de ts><fi$ par sa modeste non moins que pa^r les qxiaKiés de $oa iateULigence « i . Maïs il ajoute qu à des amis intimes Julien ouvrait Êumliècemeuc !»oa ctfor. et Lussait vvir fe désir de travailler en &vear Je I idoidtrfie. qoaai âl <ML aurait la poùs^sance ;i . Ou cite parmi ceux ^ qui il fit plus particu£bèceateat c*jaiî<ieace lie ses 'les^beins on
rr^'iHix* sur ^•ifMiÊcnttim 114 lu tu tic: pt-mi^nu isn ^sutu
JULIEN A ATIIi:XES. 331
. ami originaire d'Anliochc, le seul homme, dit Libanius, .|ui so soit montré impeccable, et ait surmonté Fenvie ^r sa vertu (1). Tillemont a vu dans ce personnage si Jdystérieusement désigné l'hiérophante d'Eleusis, dont aons dirons tout à Theurc les relations avec Julien (2); inais rhiérophan^e appartenait héréditairement à la famille des Eumolpides, par conséquent était Athénien. On n'y saurait reconnaître non plus le néo-platonicien Priscus, disciple d'Édesius, et à cette époque retiré en Grèce : Priscus sera de tout temps tenu en haute estime par Julien : mais il était né en Épire, et non à Aiitioche (3). Peut-être Libanius veut-il parler de Celse (4), que Julien fera gouverneur de Cilicie, et qui fut son condisciple à Athènes, raconte Ammicn Harcollin (5); le récit de cet historien, joint au témoignage de Libanius (G), montre que Celse était païen et que Julien avait pour lui une grande affection. Mais Celse était aussi ami de saint Basile, et c'est môme sur le conseil de celui-ci qu'il était venu étudier à Athènes (7). 11 peut avoir servi de trait d'union entre Julien et les deux inséparables compagnons Basile et Grégoire, car nous savons par eux que Julien rechercha aussi leur société (8).
Saint Grégoire affirme que les entretiens de Julien, et même son apparence extérieure, lui découvrirent
(1) LilKinius, Epitaphios Juliani ; iliid., p. 532.
(2) Tillemont, Ilist. des empereurs, t. IV, p. 495.
(3) Eunape, Vitae soph,^ Muximus; éd. Didot, p. 474.
(4) Cf. Sievers, Dos Leben des Libanius, p. 90, note 28.
(5) Ammicn Marccllin. XXII, 9.
(6) Libanius, Epitaphios ; Kchke, 1. 1, p. 575.
(7) Libanius, Ep. 143.
(8) Saint Basile, Ep, 207, 208; saint Grégoire de Nazianze, Oratio V, 23, 24. — Julien connut probablement aussi à Athènes le futur évdque de Tarse, Diodore; voir sa lettre 79 (Ilertlcin, p. 606).
promptement son caractère faux et dangereux. « Je ne me pique pas, dit-il^ d'être fort habile à deviner : mais il est vrai que je ne pouvais rien attendre de bon de ce jeune prince, en qui je voyais une tête toujours en mouvement, des épaules continuellement branlantes et agitées, un œil égaré, un regard fier et plein de fureur, une démarche chancelante et sans fermeté, un nez qui ne marquait que de Tinsolence et du dédain pour les autres, un air de visage railleur et méprisant, un rire excessif et immodeste, des signes de tête qui accordaient et refusaient sans raison, une parole hésitante et entrecoupée, des interrogations déréglées et impertinentes, et des réponses qui ne valaient pas mieux, embarrassées les unes dans les autres, qui ne se soutenaient point et qui n'avaient ni ordre ni méthode (1). » Ce portrait n'est point en contradiction avec l'image beaucoup plus favorable qu' Ammien HarccUina tracée de Julien (2) : l'historien peint les traits et la stature de son héros, Grégoire essaie d'en montrer l'âme dans les regards, les gestes, les mouvements, la façon de causer. Il faut ajouter que l'absence d'ordre et de méthode signalée par Grégoire dans la conversation de Julien est précisément la caractéristique de la plupart de ses écrits : quand on les a lus, on retrouve aisément dans l'écrivain le causeur incohérent d'Athènes. « Si j'avais ici, continue Grégoire, quelqu'un de ceux avec qui je m'entretenais alors, ils pourraient attester que quand j'eus remarqué toutes ces choses, je dis aussitôt : « Quel terrible monstre
(1} Saint Grégoire de Nazianze, /. c. — Je me sers ici de la tradoction de Tillemont, Htst. des empereurs, t IV, p. 49 i. (2) Ammiea Marceliin, XXV, 4.
nourrit ici l^Empire romain! » Et après avoir ainsi parlé, je demandai à Dieu d'avoir été faux prophète. »
Il ne semble point résulter de ce passage que saint Grégoire ait eu alors connaissance des relations de Julien avec rhiérophante d'Eleusis. Ce personnage sacerdotal était, à cette époque, Tun des chefs du parti païen. On le voit en correspondance avec les philosophes les plus fameux de l'Asie. Probablement avait-il introduit ou contribué à introduire dans la religion des grandes déesses des doctrines ésotériques, empruntées au dogmatisme alexandrin, et des rites mystiques imités des pratiques du néo-platonisme décadent ; de même que son successeur, qui sera le dernier hiérophante, y fera, quelques années plus tard, entrer les cérémonies du culte mithriaque (1). Un tel sentiment de vénération superstitieuse s'attachait à l'hiérophante en fonctions lors du séjour de Julien à Athènes, qu'Eunape déclare n'avoir pas le droit de prononcer son nom (2). On sait seulement qu'il appartenait à la famille des Eumolpides, qui avait le privilège, depuis plusieurs siècles, de fournir au culte d Eleusis son principal ministre, et que cette famille, dont l'origine se perd dans la nuit des temps mythologiques, s'éteignit avec lui (3). Il nous apparaît comme une des mailles dont était formé le réseau de mages et de sophistes, en communication les uns avec les autres, qui reliait entre eux, dans une défense et une propa-
(1) Eunape, Vitaesoph,, Maximus; éd. Didot/p. 476.
(2) Ibid., p. 475. — Cette discrétion a prolMblement pour cause principale ce qu'on appelait « Tbiéronymat, » c'est-à-dire l'asage, pour faire honneur à l'hiérophante, de le désigner simplement par le titre de sa charge, usage auquel on attribua sous l'Empire une Taleur mystique. Voir le second Mémoire de M. Foucart sur les Grands Mystères d'Eleusis,
(3) Eunape, Vitae soph., Maximus, p. 475.
334 JUUEN A ATHÈNES.
gande communes, tous les points du monde païen. D'Ephèse, Maxime recommanda Julien à Thiérophante. Julien le vit souvent pendant son séjour à Athènes, et fit de lui son guide religieux (1).
Les historiens modernes disent presque tous que Julien fut alors initié aux mystères d'Eleusis (2). Cela ne résulte pas clairement du texte d'Eunape, qui, initié lui-même par Thiérophante que connut Julien, parle de la familiarité de celui-ci avec le prêtre des grandes déesses, mais ne dit pas que Tinitiation lui ait été conférée. Il me semble difficile que Julien ait été initié. S'il participa d'abord aux petits mystères d*Agra, qui en certaines années précédaient immédiatement les grands mystères, puis fut admis à prendre part à ceux-ci, célébrés en autonme, une partie considérable de son séjour à Athènes dut être employée en cérémonies religieuses. Les Éleusinies duraient, selon les années, dix ou treize jours : il faut encore compter deux ou trois jours pour les petits mystères : on admettra probablement quelques conférences préparatoires entre Julien et Thiérophante. Pendant un séjour de trois mois, en apparence consacré à suivre les cours de l'université d'Athènes, une aussi longue absence eût été remarquée. Mais on doit ajouter que l'initiation aux mystères comprenait un grand nombre de cérémonies publiques. Si ce qui se passait durant les trois nuits mystiques au temple d'Eleusis, spectacles sacrés, apparitions troublantes, grandiose fantasma-
(!) Ibid., p. 476.
(2) Comme le seront un grand nombre de Romains célèbres, SyUa, Antoine, Cicéron, Atticus, les empereurs Auguste, Claude, Hadrien, Lucius Verus, Marc Aurèle, Commode, Septime Sévère, etc. Voir Foucart, les Empereurs romains initiés aux mystères d'Eleusis^ Acad. des inscriptiens, 2 déc. 1892.
JUUEN A ATHENES. 335
gorie, commentée par la voix solennelle de Thiérophante ou du diaduque, était réservé aux seuls initiés, que liait la loi du secret, l'initiation avait aussi une partie ostensible, dont probablement aucun myste ne pouvait être dispensé. Réunion à Athènes, bain dans la baie d'Eleusis, purifications, sacrifices, prise de Thahit d'initié, jeux, représentations théâtrales, procession qui durait plusieurs heures à l'aller et au retour, tout cela mettait en évidence les dévots de Déméter et de Coré (1). On se figure difficilement Julien se compromettant de la sorte, à une époque de sa vie où il était obligé de cacher avec le plus grand soin sa conversion intérieure à l'hellénisme.
La lecture des écrits de Julien ne semble pas de nature à infirmer cette conclusion. Il parle du secret imposé à l'initié; mais c'est à propos du culte du Soleil (2). Plus tard, en effet, il sera initié aux mystères de Mithra (3). Nulle part il ne laisse entendre qu'il ait reçu l'initiation d'Eleusis {k). S'il fait un jour allusion aux grands et aux petits mystères, c'est à propos de la Hère des dieux, et par comparaison à ceux de Cybèle (5). Quand il parle de l'abstinence, c'est précisément de celle des initiés de Cybèle, à qui est permis l'usage des viandes et défendu l'usage des légumes (G), non de celle des initiés d'Eleusis, qui doivent s'abstenir de la chair
(1) Voir dtiMle Dict, des ani, grecques ei romaines, t. II, p. 554-581, Vhii.Eleusinia^àe F.LenormanI et E. PoUier.
(2) Jallen, Oratio IV, sur le Roi Soleil; IlerUeio. p. 169.
(3) Julieo, les Césars, in fine; Uimère, Oratio VII, 2.
(4) La lettre 68, à Théodore, où Julieo parle de leur commun initlatear, parait faire allusion à Maxime, non à l'hiérophante.
(5) Julien, Ora^to V, sur la Mère des dieux; Herllein, p. 224.
(6) laid., p. 225.
des animaux (1) : l'abstinence de poissons et de grenades, dont il fait aussi mention (2), était commune aux deux cultes (3), mais il laisse entendre que les mystères auxquels il participe n'interdisent pas de manger des oiseaux (^), ce qui était défendu aux mystères d'Eleusis (5). Les dieux auxquels il est dévot sont d abord le Soleil, i la protection duquel il attribue les événements heureoi de sa vie; puis Jupiter, Mercure, Minerve, Cybèle ou la Mère des dieux : celle-ci et le Soleil forment en réalité le centre de sa vie mystique ; probablement même, afin d'effacer le sceau du baptême, se soumit-il un jour à la sanglante purification du taurobole (6). Mais jamais ou presque jamais il ne fait allusion à Déraéter et à sa fille, les grandes déesses d'Eleusis.
Quoi qu^il en soit, les rapports de Julien avec Thiérophante d'Eleusis cessèrent promptement, sauf à être repris dans un autre pays et dans des circonstances très différentes. Un ordre impérial survint, rappelant tout à coup Julien à Milan. Toutes ses terreurs le ressaisirent alors. Il se crut condamné. « Que de torrents de larmes je répandis! écrira-t-il plus tard aux Athéniens, en rappelant les souvenirs de sa jeunesse. Que de gémissements, les mains tendues vers l'acropole de notre cité, suppliant Minerve de sauver son serviteur et de ne point
(1) Porphyre, Deabstin. carnis, VI, 16; saint Jérôme, Adv, Joriii.,11, H, 3i4.
(2) Jalien, Oratioy; Hertlcin, p. 228.
(3) Porpb>re, De absL carn,, IV, 16; Élien, Hi$i. antm., IX, 65; PIo tarqne, De solert. anim,, 35, 11.
(4) Julien, OralioV; Hcrtlein, p. 228.
(5) Porphyre, saint Jérôme, /. c,
(6) Saint Grégoire de Nazianze, Oraiio IV, 52; Soionoène, Hist. ecclt V. 2.
JULIEN A ATHÈ.NES 337
Tabandonner! Beaucoup d*eutre vous Tout vu, et peuvent en rendre témoignage. La déesse elle-même sait combien de fois je lui ai demandé de mourir avant de quitter Athènes (1). » Probablement, dès cette époque il avait, parmi ses compagnons d'études, des confidents de ses idées religieuses. Sans cela, il n'eût pas fait allusion aux nombreux témoins de ses prières désespérées à Minerve. Autour de lui, cependant, et dans sa domesticité intime, il cachait encore soigneusement son apostasie. Un seul de ses serviteurs, dont il fera un jour son bibliothécaire, partageait ses croyances et l'aidait secrètement dans les pratiques du culte païen.
(1) Julien, Ép, au sénat et au peuple d'Athènes; Uertleio, p. 354.
JULIEN l'apostat. — I. M