‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 10 sur 296 · Zonare, XIII, 10. Voir plus haut, p. 14, note · texte numérisé non relu

Zonare, XIII, 10. Voir plus haut, p. 14, note

ments et la résolution de Julien n'étaient plus douteux. Cependant il s'abstint de donner lui-même sa réponse. Il jugea plus habile d'en rejeter la responsabilité sur d'autres, en ménageant à ses électeurs, dont on venait de contester les droits, l'occasion de lui conférer, sous les yeux mêmes de l'envoyé de Constance, une nouvelle investiture. Léonas fut convoqué, le surlendemain de son arrivée, non à une conférence politique au palais, mais à une assemblée presque révolutionnaire au Champ de Mars. Là était rangée l'armée, mêlée à une nombreuse populace, que les agents de Julien avaient été chargés de recruter 1 . Julien occupait la tribune impériale. Il ordonna de lire au peuple et à l'armée la lettre de Constance. Le parchemin fut déroulé, et la lecture de l'exorde entendue sans incident. Mais quand le lecteur fut arrivé à l'endroit où Constance déclarait non avenus les faits accomplis à Paris, et commandait à Julien de se contenter du titre de César, des cris furieux l'interrompirent : « Nous voulons Julien Auguste; ainsi Font décidé les soldats, les provinciaux, la République ellemême, restaurée par ses soins, mais encore exposée aux incursions des Barbares 2 ! »

Léonas put considérer dès lors sa mission comme terminée. En sa présence Julien, par un tour d'une rare dextérité, venait de se faire de nouveau octroyer le titre d'Auguste. Si l'envoyé de Constance, battu sur l'objet principal, crut devoir insister sur les points secondaires, afin de rapporter au moins à son maître une demi-satisfaction, il ne fut pas plus heureux dans

1. « Quam de indus tria convocaverat. ■ Àmmien Marcel lin, XX, 9.

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