‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 9 sur 296 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

nait acte de l'offre de Julien de recevoir de sa main un préfet du prétoire, et nommait à ce poste Nebridius, questeur du César; mais encore il affectait de pourvoir à beaucoup d'autres emplois, dont Julien, dans sa lettre, s'était réservé le droit exclusif de désigner les titulaires. Le secrétaire Félix était nommé maître des offices à la place de Pentadius, disgracié probablement pour avoir accepté d'être un des ambassadeurs de Julien : quelques autres officiers ou fonctionnaires étaient changés. Constance donnait Gumohaire comme successeur au maître de la cavalerie Lupicin, qui n'était pas encore revenu de Bretagne, et dont il ignorait les dispositions.

Tel était le sens de la réponse confiée à Léonas. Celui-ci arriva à Paris vers le mois de juin ou de juillet 360. Il remit tout de suite à Julien le message impérial. Bien qu'il ait été reçu avec les égards que lui assuraient son rang et ses qualités personnelles *, deux incidents, l'un privé, l'autre public, ne lui permirent pas de conserver de longues illusions sur le résultat de son voyage.

S'exagérant peut-être la liberté de langage autorisée par le caractère d'envoyé de Constance, Léonas avait cru pouvoir, dans une première conversation avec Julien, lui reprocher son ingratitude envers le prince qui avait pris soin de son éducation et l'avait fait César. « Mais, interrompit violemment Julien, qui donc m'a fait orphelin? Constance n'est-il pas le meurtrier de mon père? ne sait-il pas que, quand il rappelle ces souvenirs, il ne fait qu'élargir ma blessure et la rendre plus douloureuse 2 ? » Après de telles paroles, les senti-

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