Code Théodosien, XII, xni, 1 (29 avril
tions des diverses provinces, apportant des couronnes. Aux représentants de l'Ionie et de la Lydie, il accorda toutes les faveurs administratives ou fiscales qu'ils demandaient : il est vrai que les Lydiens avaient pour orateur Eunape, père ou parent du célèbre néoplatonicien de ce nom, et païen aussi ardent que celui-ci ! .
Julien reçut moins bien les envoyés d'Alexandrie, si à eux se rapporte un épisode raconté par Ammien. Avec la turbulence et l'esprit contentieux que les anciens reconnaissent aux habitants de l'Egypte 2 , de nombreux délégués de ce pays demandèrent que les magistrats ou les fonctionnaires auxquels de l'argent avait été jadis versé soit pour obtenir des grâces ou des emplois, soit pour éviter des poursuites, fussent condamnés à restitution. Il y en avait qui faisaient remonter à soixante-dix ans en arrière l'origine de leur créance. Selon l'expression d'Ammien, ils assiégeaient le prince et le préfet du prétoire, importuns et stridents comme des geais. Afin de se délivrer d'eux, Julien leur commanda de se rendre à Chalcédoine, promettant de les y rejoindre bientôt pour statuer sur leur affaire. En même temps il défendit aux bateliers qui faisaient le service régulier d'une rive à l'autre du détroit, de transporter de nouveau à Constantinople aucun de ces Égyptiens. Ceux-ci, lassés d'attendre sur l'autre bord, finirent par retourner chez eux. Julien fit alors une loi pour rejeter leur demande, c La législation romaine, y est-il dit, ignore des contrats déshonnètes, et n'autorise pas la répétition de l'argent
1. Eunape, Continuation de V Histoire de Dexippc, fr. 15; dansMùller, Fragmenta historicorum grxcorum, t. IV, p. 21.
2. Cf. Lumbroso, VEgitto al tempo dei Greci et dei Romani, p. 92-99.
imprudemment ou criminellement versé 1 . » Ammien, (qui résume la loi en termes un peu différents) déclare qu elle fut « dictée par la Justice elle-même 2 . » Avec l'ironie grave qu'il a quelquefois, Tillemont dit à ce propos : « Ammien loue fort cette loi ; et il auroit peutêtre encore eu autant de sujet de la louer, si elle avoit ordonné tout le contraire 3 * » La vérité est que le cas était assez embarrassant, et que l'empereur, malgré le désir qu'il avait ordinairement de prendre en faute les fonctionnaires de son prédécesseur, ne pouvait, en bonne politique, ouvrir la porte à une série de procès, qui eussent probablement été aussi insolubles qu'interminables.
De tous les délégués des provinces d'Orient, les moins empressés paraissent avoir été les représentants d'Antioche. Julien leur reprochera plus tard de s'être laissés devancer même par les Alexandrins*. Il est visible que, dès ce moment, le nouvel empereur n'était pas populaire dans la capitale de la Syrie. Cependant il fit bon accueil aux porteurs de la couronne d'Antioche, accorda à leur ville d'importantes remises d'impôts, et permit de faire entrer dans son sénat deux cents nouveaux membres, désignant même, pour y prendre place, d'anciens fonctionnaires du trésor et de riches monétaires, dont l'expérience lui paraissait capable de relever les finances municipales, à ce moment fort obérées 5 . Il est probable que beaucoup de remises d'impôts, que les historiens