‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 105 sur 296 · Ammien Marcellin, XXII · texte numérisé non relu

Ammien Marcellin, XXII

C'est par Zosime que nous connaissons ceux-ci avec détail 1 . Julien agrandit un des ports ou bassins de la ville, afin d'y mettre les navires à l'abri du vent du sud; encore au cinquième siècle, on appelait ce nouveau havre « le port de Julien 2 . » En face du port, comme pour en encadrer somptueusement les perspectives, il construisit un portique semi-circulaire que, de sa forme, on nomma le Sigma. Sous un autre portique, dépendant du palais impérial, il établit une bibliothèque publique, dont les alentours devinrent bientôt un des endroits les plus animés de la ville. Il songea, enfin, à réaliser un projet de Constance, qui, après avoir ajouté un obélisque égyptien à ceux dont Rome était déjà ornée \ avait formé le dessein d'en faire venir un autre d'Alexandrie pour être placé au milieu du Grand Cirque de Gonstantinople.

Cet obélisque était depuis de longues années couché dans Je sable, sur le rivage de la métropole égyptienne. Constance avait frété un navire, qui devait amener au Bosphore la lourde masse de granit. Mais, depuis la mort de Constance, le navire attendait dans le port d'Alexandrie de nouvelles instructions. Les ordures s'étaient amoncelées autour du monolithe : il était devenu l'objet de pratiques singulières, qui paraissaient à Julien une véritable profanation : des thérapeutes, sorte de moines mendiants, y avaient établi leur demeure, et couchaient sur sa pointe *. Julien écrivit aux Alexandrins

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