‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 122 sur 296 · Voir 1. 1, p · texte numérisé non relu

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quait sans équivoque possible l'orientation religieuse du nouveau règne.

La joie des païens fut immense. La restauration de leur culte représentait pour eux non seulement la liberté, mais la victoire. Ils en apercevaient les conséquences sociales aussi bien que religieuses. C'était tout ensemble le triomphe d'une religion et d'un parti. On remarquera, cependant, que leurs sentiments, à ce moment de renaissance, nous sont surtout connus par des écrivains orientaux. Àmmien lui-même était alors en Orient : il décrit ce qui s'est passé sous ses yeux. Libanius, Himère, vivaient en Grèce ou en Asie. Hamertin était de la suite de Julien. On n'a pas le témoignage direct d'écrivains restés en Occident. Il ne semble point que l'ordre de rouvrir les temples et de reprendre les sacrifices interrompus ait causé parmi les païens de cette partie de l'Empire l'explosion d'enthousiasme qui se fit au sein des populations idolâtres du monde hellénique et asiatique. C'est que les lois de Constance avaient produit beaucoup moins d'effet en Occident qu'en Orient. Le paganisme était encore trop puissant en Italie, et même en Gaule et en Espagne, pour que dans ces contrées elles aient pu être exécutées à la lettre. Beaucoup de temples y étaient demeurés ouverts : les fêtes du calendrier païen avaient presque toutes continué d'être célébrées : on se souvient que Constance, se pliant aux nécessités du moment, poussa l'esprit de conciliation, et aussi l'illogisme, jusqu'à nommer luimême des titulaires aux sacerdoces du culte qu'il venait de proscrire 1 . Aussi Tédit de Julien, tout en fortifiant la

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