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une révolution. La loi qui avait ordonné la cessation des sacrifices était de 341 : celle qui avait commandé la fermeture des temples porte la date de 346 1 : dans les villes où elles avaient été observées, le culte païen avait cessé depuis vingt ans, et depuis presque aussi longtemps les idolâtres n'avaient pu même franchir le seuil clos de leurs sanctuaires. L'immense population qui vivait des sacrifices, du service des temples, de la vente de» victimes, de Fart divinatoire, avait perdu ses emplois. Des sources multiples d'influence et de profit s'étaient trouvées fermées à la fois. En les rouvrant, Julien comblait d'allégresse les dévots sincères, offrait à tout un parti humilié la plus complète revanche, faisait renaître la multitude des industries et des commerces qui vivaient de l'autel païen. On s'explique les cris de joie dont Libanius, Himère, Hamertio, plus tard Eunape et Zosime, nous ont fait entendre l'écho.
Il semble bien, cependant, que, pour flatter les sentiments ou la mémoire de Julien, et pour rendre plus merveilleuse la soudaine renaissance de l'ancien culte, ces écrivains aient exagéré la ruine d'où l'édit de Gonstantinople tira subitement l'hellénisme. Quand on se souvient des impressions éprouvées par saint Basile et par saint Grégoire de Nazianze durant leur séjour à Athènes, peu d'années avant la mort de Constance, on a peine à croire que le culte des dieux y eût tout à fait disparu, comme l'affirment Mamertin et Liban i us. Il y a, dit saint Grégoire, plus d'idoles à Athènes que dans tout le reste de la Grèce, et il faut du courage pour n'y pas