Eunape, Vitx sophist. ; Maximus, p. 47G
tant païens que chrétiens, la rapidité avec laquelle, en Grèce et en Asie, les temples se rouvrirent dans la plupart des villes. « Partout, écrit Libanius, partout des autels, et du feu, et du sang, partout l'odeur et la fumée des sacrifices : sur le sommet des montagnes retentissent lés trompettes sacrées : les bœufs servent à la fois au culte des dieux et à la nourriture des hommes ! . » « Les anciennes fêtes sont célébrées, ajoute Mamertin, et Ton en crée de nouvelles en l'honneur du prince 2 . » « Tous les anciens rites, dit Sozomène, furent remis en vigueur et chaque ville reprit ses solennités locales 3 . »
Cependant le décret de Julien n'eût pas été complètement obéi, sinon dans sa lettre, au moins dans son esprit, si Ton s'était contenté de rouvrir les temples et de recommencer le culte païen là où il avait été suspendu . Pour donner pleine satisfaction à l'opinion de ses coreligionnaires et à ses propres désirs, Julien devait faire quelque chose de plus. S'il y avait un point de l'Empire où les dieux n'eussent pas eu d'autels et de sanctuaires, où jamais l'encens n'eût fumé en leur honneur, il était urgent de combler une aussi surprenante lacune. À vrai dire, la seule ville où celle-ci se rencontrât était précisément la seconde capitale du monde romain. On sait que, fondée par le premier empereur chrétien, agrandie et embellie par un second empereur plus ennemi encore de l'idolâtrie, Constantinople ne contenait dans sa vaste enceinte aucun édifice consacré aux dieux. Les statues de ceux-ci qui s'y rencontraient en assez grand nombre,