‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 130 sur 296 · Ammien Marcellin, XIX · texte numérisé non relu

Ammien Marcellin, XIX

7. Vita S. Porphyrii, 9, dans Acta SS. % férrier, t. III, p. 655.

furent souvent infructueux. Il fallait un véritable entraînement, résultat d'une longue éducation, peut-être de traditions de famille et d'habitudes héréditaires, pour former ces prophètes et ces prophétesses que saisissait l'extase, et dont les poétiques improvisations semblaient tomber de bouches inspirées. Reconstituer ce personnel de choix, si différent de celui des devins ordinaires, était sans doute fort difficile. Julien dut plus d'une fois y échouer. On raconte l que son confident Oribase fut envoyé par lui à Delphes, pour engager les prêtres à rouvrir, là aussi, la source prophétique, et à relever le trépied. Ils répondirent en langage d'oracle, mais pour exprimer leur peu de foi : « Allez, dites ceci au roi : ma maison avec ses décors est tombée par terre ; Phébus n'a plus de grotte, plus de laurier prophétique, plus de source parlante : l'onde murmurante elle-même a séché. » Julien vint au secours de Delphes en exemptant la ville d'impôts 2 . L'oracle recouvra la voix, et s'en servira même pour faire, lors de l'expédition de Perse, une prophétie que démentiront les événements.

Il est probable qu'à l'encontre de celui de Delphes, l'oracle d'Apollon Didyméen, à Milet, appartenait au petit nombre de ceux qui n'avaient pas interrompu leurs consultations. Il avait été de tout temps fort hostile aux chrétiens. Sous Dioclétien, on voit ses prêtres les dénoncer, en se lamentant de leur propre déchéance,

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