Cedrenus (éd. Bonn, t. I, p
2. Y a-t-il encore ici un écho des Mémoires d'Oribase, connus soit directement, soit par l'intermédiaire d'Eunape? Voir à l'Appendice, les Sources de V histoire de Julien,
JULIEN L'APOSTAT. — II. il
et en l'attribuant à « des justes répandus sur la terre. 1 » Leur réponse en ce sens à un message impérial fut une des causes de la dernière et de la plus terrible des persécutions 2 . De tels souvenirs n'étaient pas pour rendre moins cher à Julien le temple fatidique de Mîlet. Aussi ne dédaigna-t-il pas d'y accepter une charge sacerdotale, en se soumettant à l'élection par le sort. « J'ai été désigné par le sort pour prophétiser au nom du Didyméen, » dit-il dans une de ses lettres 3 . Il était familier avec le recueil des oracles rendus dans le temple de Milet : par deux fois, dans sa correspondance, il cite l'un de ceux-ci 4 .
Ce que nous venons de dire du personnel spécial aux oracles ne s'applique pas à celui, beaucoup plus nombreux, que le rétablissement du culte païen remit tout à coup et très facilement en activité. Tout un clergé ressuscite, en quelque sorte, autour des temples dont les portes longtemps fermées viennent de se rouvrir. « Hystcs, prêtres, flamines, hiérophantes, serviteurs des idoles, néocores 5 , » reparaissent à la lumière, comme des survivants d'un autre âge ou des émigrés rapatriés après un long exil. Leur premier soin est de réclamer de la munificence du prince « leurs anciens honneurs, leurs anciens privilèges, leurs anciennes exemptions,
1. Eusèbe De vita Constantini, II, 50, 51; Lactance, De mort, pers., 11.
2. Voir la Persécution de Dioctétien, 2« éd., t. I, p. 154-155.
3. 'EXaxov âè vOv xal toû Ai8u(iatou upoçyjTtuttv. Julien, Ep, 62; Hertlein, p. 584.