Ammien Macerllin, XIX
païen, dont la divination était une partie essentielle, puisqu'elle formait l'accompagnement presque obligé des sacrifices, rendit toute liberté aux adeptes de cet art dangereux. Julien lui-même était un occultiste trop passionné pour avoir eu la pensée de formuler, sur ce point, aucune réserve. Aussi toutes les espèces de divination, depuis celles qui pouvaient paraître relativement innocentes jusqu'à celles qui cachaient peut-être de honteux ou sanglants secrets, reprirent-elles immédiatement leur cours.
Mamertin a fait entendre le soupir de délivrance des chercheurs d'avenir, rendus au libre exercice de leur art. « 11 nous est maintenant permis de contempler le ciel, de suivre d'un œil tranquille l'évolution des astres, nous qui, auparavant, étions obligés de tenir comme des animaux nos regards abaissés vers la terre. Car qui eût osé, naguère, observer le lever ou le coucher du soleil? Les agriculteurs eux-mêmes, dont les travaux exigent l'examen continuel des signes célestes, ne notaient plus l'annonce des changements de temps : les navigateurs, qui dirigent leur course d'après les astres, s'abstenaient de nommer les étoiles : sur terre et sur mer, on vivait comme au hasard, sans se guider par la science du ciel *. » Il y a sans doute bien du parti pris et de la déclamation dans ces paroles, car Constance ne défendait pas aux laboureurs de prévoir les orages et aux matelots de consulter les étoiles. Mais le langage ampoulé de Mamertin laisse voir, par son exagération même, l'effet produit sur les esprits par les lois qui interdisaient la divination et par les procès qui en furent la consé-