‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 142 sur 296 · Libanius, Ep. G72, 6T · texte numérisé non relu

Libanius, Ep. G72, 6T

suivit dans ses voyages. On a vu la grande situation qui fut faite à l'occultiste Maxime. Nous avons dit la charge conférée à l'ami de celui-ci, Théodore : néoplatonicien fervent, il entra si avant dans la faveur de Julien, que l'empereur le comparait aux deux célèbres martyrs de la philosophie, Socrate et Husonius, et entretenait avec lui un commerce régulier de lettres, où chacun donnait à l'autre des conseils l . Sous ce règne, tout rhéteur, tout philosophe, tout beau parleur parut avoir les qualités nécessaires pour administrer. « Il a donné comme gouverneurs aux cités des hommes éloquents, » dit Libanius 2 , croyant faire l'éloge de Julien, et s'imaginant qu'on gouverne ou qu'on administre avec des phrases» Libanius lui-même fut appelé à des fonctions publiques , au moins à titre honoraire; Julien lui écrit une lettre avec cette suscription : « A Libanius, sophiste et questeur 3 . »

La conformité des sympathies religieuses ne fut pas étrangère à une nomination, qui rentrait mieux dans les traditions anciennes. En arrivant à Constantinople, après

1. Julien, Ep. 3*; dans Revista di filologia, 1889, p. 301. — Schwarz (Devita et scrlptis, p. 30-33) doute de l'authenticité des lettres 1*, 2*, 3* nouvellement découvertes; cependant il les croit plutôt interpolées qu'inventées. Sa critique, du reste, est ici bien pointilleuse ; ainsi, Tune des raisons qui lui rendent suspecte la lettre 3* est l'exagération des éloges donnés à la science philosophique de Théodore. Ces louanges excessives sont bien dans le caractère de Julien. — MM. Bidez et Cumont, Recherches sur la tradition manuscrite des lettres de V empereur Julien, p. 125, note, admettent l'authenticité des trois lettres.

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