Chronique d'Alexandrie; HisU acephala
drins, il parle toujours avec une extrême révérence du « grand Sérapis, » du « très saint Sérapis, » du « roi Sérapis, » d'« Isis, sa jeune compagne, reine de toute l'Egypte *. » Un de ses premiers soins fut d'abolir un acte de Constantin, qui semblait attentatoire à leur culte. Le premier empereur chrétien avait ordonné de retirer du temple de Sérapis, — ce centre intellectuel et moral, cette citadelle de l'idolâtrie égyptienne, qui aura, quelques années plus tard, un si grand rôle dans les dernières convulsions du paganisme, — la mesure servant chaque année à marquer le niveau atteint par la crue du Nil. Par son ordre, on l'avait déposée dans la principale basilique chrétienne d'Alexandrie. Julien la fit reporter au temple de Sérapis 2 . 11 attachait aux plus superstitieux détails de la religion égyptienne une grande importance. Au mois d'août 362, le gouverneur de la province crut devoir l'avertir de la découverte d'un bœuf Apis : l'insistance avec laquelle Ecdicius lui explique que l'animal sacré « a été cherché avec le plus grand soin 3 , »et n'a pu être trouvé qu' «après beau* coup de temps 4 , » montre que l'empereur s'intéressait vivement à l'affaire, et partageait l'anxiété des Égyptiens, pour qui la mort d'un Apis était la cause d'un deuil public, et l'invention d'un nouvel Apis un présage d'abondance et de félicité 5 .