Fragment d'une lettre; Hertlein, p
tion évangélique, L'évêque, avait dit saint Paul, a le devoir d'être à la fois « hospitalier et docteur 1 . » Contrairement aux traditions et presque à l'essence du paganisme, Julien a essayé de faire des « docteurs : » il continue d'innover, ou plutôt de copier, en cherchant à transformer en « hospitaliers » les membres du clergé païen.
Ses idées sur ce sujet sont exprimées dans une lettre au grand prêtre de Galatie, et dans ce fragment d'encyclique auquel nous avons fait déjà de nombreux emprunts. Car la réforme charitable de Julien n'est que la suite et le complément de sa réforme religieuse. Il l'entreprend comme pontife, plutôt que comme empereur. Réduit à emprunter, puisque le monde antique n'avait rien créé d'efficace et de durable pour la portion souffrante de l'humanité, Julien ne songe pas à enrichir de ses emprunts la société civile, à faire de l'assistance des pauvres un service de l'État, une institution officielle et « laïque. » S'il s'occupe des malheureux, c'est dans la pensée de corriger un des vices les plus apparents de l'hellénisme, et de donner à ses prêtres une occasion de rivaliser avec les prêtres chrétiens. « Établis dans chaque ville, écrit-il au grand prêtre de Galatie, de nombreux hospices, afin que les étrangers y jouissent de notre humanité, et non seulement ceux de notre culte, mais tous ceux qui auront besoin de secours 2 . » En étendant ainsi les aumônes à ceux-là même qui n'honorent pas les dieux, Julien fait preuve d'un louable libéralisme : mais ici encore il imite les chrétiens. Après