Ep. 49; Hertlein, p
avoir rappelé que « les Juifs n'ont pas un mendiant, » parce que la communauté juive pratique généreusement l'assistance mutuelle, il se voit contraint d'ajouter que les chrétiens font plus et mieux encore. « Les impies Galiléens, dit- il, nourrissent tout ensemble leurs pauvres et les nôtres 1 . » C'est l'exemple qu'il propose aux adorateurs des dieux.
Mais il est obligé ici à un nouvel aveu. Les chrétiens font l'aumône aux indigents de tous les cultes, à l'aide de leurs seules ressources. Ce sont leurs évèques qui, de leurs propres deniers ou avec les revenus des Églises, construisent les hospices destinés aux voyageurs et aux malades 2 . Demander une telle générosité aux prêtres ou aux fidèles du paganisme serait prématuré. Julien les invite à créer des établissements hospitaliers; mais il ajoute que ceux-ci seront entretenus par l'État. De cette manière, la religion aura le mérite extérieur de l'œuvre, et le trésor public l'aidera à faire bonne figure à côté de sa rivale. « J'ai pourvu aux fonds nécessaires, écrit Julien. J'ai assigné annuellement pour toute la Galatie trente mille boisseaux de blé à répartir et soixante mille setiers de vin : tu en feras toucher le cinquième aux pauvres qui servent les prêtres, et tu distribueras le reste aux étrangers et aux mendiants qui sont chez nous 8 . » Mais Julien comprend que la lutte sur le terrain
1. Ibid. — Dans un passage bizarre du Misopogon, Julien se plaint que les femmes des « Galiléens, » en nourrissant les pauvres avec l'argent de leurs maris, donnent aux indigents « un grand spectacle d'athéisme; » Hertlein, p. 468.