‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 173 sur 296 · KoipnrrijfHov, cœmeterium · texte numérisé non relu

KoipnrrijfHov, cœmeterium

ter les funérailles et les sépultures, il ne prit aucune mesure formelle dans le sens de ses désirs. Constantin, dont il raille avec tant d'&preté l'inertie et la mollesse, avait montré, à cet égard, une bien autre prévoyance. Entrant dans les vues de l'Église, qui donnait aux fossoyeurs le rang de clercs, il constitua, parmi les corporations qu'il créait à Constantinople, une association d'hommes chargés du soin des sépultures : ces « travailleurs, » comme on les appela, atteignirent le chiffre de neuf cent cinquante, et jouirent de toutes les exemptions d'impôt accordées aux clercs * . Les seules mesures prises par Julien sur la question des funérailles furent inspirées par un esprit tout contraire. Au lieu du respect chrétien pour la dépouille mortelle qui a été sanctifiée par les sacrements, et qui est destinée à ressusciter glorieuse, il professait l'idée païenne qui considérait comme impurs la vue et le contact d'un cadavre 2 . C'est elle qui lui fit interdire par deux édits, — ou plutôt par un édit dont la rédaction latine, telle que nous l'a transmise le Code Théodosien, est plus sobre 3 , et la rédaction grecque plus

1. Voir t. I, p. 142. Chacun des collèges industriels de la ville devait fournir an homme, pour former ce corps de fossoyeurs. Cf. sur cette association, De Rossi, Roma sotterranea, 1. 111, p. 534; Wallzing, Étude historique sur les corporations professionnelles chez les Romains, t. H, p. 130.

2. Une anecdote, racontée par Eunape (Vite soph., Jamblichus, éd. Didot, p. 45y), montre bien l'horreur des païens pour les rencontres de funérailles. Le philosophe Jamblique revenait, avec plusieurs amis, d'offrir un sacrifice. Tout à coup, les regardant : « 11 nous faut prendre une autre route, dit-il, car un cadavre Tient d'être levé non loin d'ici. » Il se détourna, et prit un chemin a plus pur, » xafiapurlpa. Les autres, parmi lesquels était Edesius, s'obstinèrent à suivre leur route, désireux de voir si leur maître avait prédit juste. Peu de temps après, ils aperçurent les gens qui portaient le cadavre, ot 6w|/avTe; tôv «TtXcvrnxdra.

Page 1