Libanius, Epitaphios Juliani; Reiske, 1. 1, p
2. Julien, Contre les chrétiens, dans saint Cyrille, Contra Julianum, II ; Neumann, p. 167.
Minerve soit sortie réellement du cerveau de Jupiter i . Mais, par contre, Julien accepte les traditions populaires, alors surtout qu'elles se rattachent aux origines nationales : lui si peu Romain cependant, il croit « au bouclier tombé du ciel, que Ton garde chez nous, gage que nous a envoyé réellement et effectivement le grand Jupiter ou Mars, père des Romains, afin d'être à jamais le rempart de notre cité 2 . » Démêler sa vraie pensée est d'autant plus difficile, que très probablement Julien ne la voyait pas lui-même avec une clarté complète, tantôt crédule, tantôt sceptique, toujours dévot.
En y regardant de près, cependant, on voit se dessiner des préférences. S'il nomme sans cesse et comme au hasard les dieux dans ses écrits, Julien parle de certains d'entre eux avec un accent particulier. Il leur donne une place distincte des autres. On sent qu'ils sont entrés plus avant dans sa vie. C'est à eux qu'il déclare devoir le plus de reconnaissance. Ce sont les vrais gardiens de son àme et de sa destinée. « Le Soleil, écrit-il, est celui de tous les dieux que j'ai supplié le premier 3 ... Je suis le serviteur du dieu Soleil 4 . » Il se fait dire par Mercure, à la fin des Césars : « Je t'ai procuré la connaissance de ton père Mithra \ » Il prend à témoin « Jupiter, le grand Soleil, la puissante Minerve 6 . » licite à part « Jupiter, le Soleil, Mars, Minerve, » et après eux, dans la même