‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 189 sur 296 · Ep. au sénat et au peuple d'Athènes; Hertlein, p · texte numérisé non relu

Ep. au sénat et au peuple d'Athènes; Hertlein, p

2. A. Naville, Julien V Apostat et sa philosophie du polythéisme, p. 63.

coule en même temps, par une conséquence presque nécessaire, des principes platoniciens dont était imbu Julien. Et elle marque très nettement la divergence des idées chrétienne et païenne, non seulement sur le terrain du dogme, mais même en matière de philosophie sociale. « Nos auteurs — ainsi s'exprime Julien — disent que le créateur de l'univers est le père et le roi commun, qu'il a distribué le reste des nations à des dieux protecteurs des nations et des villes, et que chacun d'eux eierce spécialement les fonctions qui lui sont dévolues 1 . » On voit apparaître ici la notion d'un Dieu supérieur, de quelque nom qu'on l'appelle, — « Être suprême 2 , » « Jupiter, père de la sainteté et de la justice 3 , » « père du Soleil 4 , » « père des dieux 5 , » père et maître qui aime les hommes 6 , » — de qui tout procède, qui a tout créé, et dont « la providence immuable 1 » gouverne toutes choses. Cette notion n'était pas étrangère aux païens éclairés du iv* siècle. Un Themistius, un Symmaque, un Maxime de Madaure, un Longinien, un Nectaire, ont, comme Julien, l'idée du divin, ?b ôsïcv, supérieur aux dieux, et vers lequel, par des routes variées, cheminent, disent-ils, toutes les religions 8 . Quand ils

1. Julien, Contre les chrétiens, dans saint Cyrille, Contra Julianum, IV; Neumann, p. 179.

2. Tcp xpttTTovi. Julien, Oratio VIII (consolation à Salluste) ; Hertlein, p. 322, 323.

3. Oratio VII (contre le cynique Héraclius); Hertlein, p. 297.

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