‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 191 sur 296 · Acta proconsularia sancli Cy priant, t · texte numérisé non relu

Acta proconsularia sancli Cy priant, t

« le monde existe de toute éternité 1 , » et que la matière elle-même est divine 2 . Mais en même temps la dignité du premier être exige qu'entre sa perfection suprême et les créatures les plus imparfaites il y ait une série d'intermédiaires, chargés de produire, en son nom et par son ordre, les êtres inférieurs. Dieu crée les dieux, et* revêtus par lui d'immortalité, les dieux créent les mortels. C'est la doctrine de Platon dans le Timée z ; Julien cite textuellement, dans son livre Contre les chrétiens, le passage où elle est le plus explicitement formulée 4 , et, en d'autres endroits du même ouvrage 5 , explique par cette doctrine sa théorie des « dieux nationaux. » Moïse et la Bible ont commis, dit-il, une monstrueuse erreur, quand, après avoir montré Dieu formant de rien le ciel et la terre, ils le montrent dirigeant lui-même les destinées d'un peuple élu 6 . Le Dieu de Julien a créé le monde par le moyen des dieux intermédiaires, et il a préposé ces dieux à la formation et à la conduite des nations entre lesquelles il a divisé l'univers.

Julien pose en principe que « chaque nation obéit à l'ascendant particulier de celui des dieux qui est chargé de veiller sur elle 7 . » Il explique de cette manière les différences des divers peuples. « Dites-moi pourquoi les

1. c Oetoc ofcoç xal iràyxaXoç xô<xjioç àrc àxpa; dtyîôoç oupavoù jiixpi ïfc IçyàrK... il àtîiou Y^ovev &ycwy)To>ç h Te tàv taftoiicov XP<* V0V àtôio;. Julien, Oratio IV (sur le Roi Soleil); Hertlein, p. 171.

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