‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 213 sur 296 · Ibid.; Hertlein, p. 22i · texte numérisé non relu

Ibid.; Hertlein, p. 22i

250 L1XTERPUÉTATION DES MYTHES.

tion et à ses tempêtes, se sent enlevée vers les dieux 4 ? » Il va de soi que ces commentaires abstraits d'un mythe grossier, ces explications mystiques de rites bar^ bares, ne sont que pour les délicats, pour ceux que scandaliserait le sens littéral et à qui feraient horreur les pratiques des prêtres fanatisés. « Les anciens, dit Julien, ont réfléchi longtemps, avec l'aide des dieux, sur les causes des êtres, et ils les ont découvertes par euxmêmes ou, ce qu'il vaut mieux dire peut-être, ils les ont trouvées, guidés par les dieux, puis ils les ont ensuite enveloppées de fables incroyables, afin que l'invraisemblance paradoxale de la fiction nous portât à la recherche du vrai. Or, la vérité, selon moi, peut suffire au vulgaire 2 sous une forme déraisonnable, et j'admels les symboles, du moment qu'ils sont utiles. Hais pour les hommes d'une intelligence supérieure 3 , la plus grande utilité étant de connaître la vérité sur les dieux, celui qui la recherche et qui* la trouve, guidé par les dieux mêmes, est averti par ces énigmes qu'il doit y chercher quelque chose, afin de parvenir, après l'y avoir trouvé, au comble de la doctrine par la méditation et non point par une croyance respectueuse à l'opinion d'autrui, ou sous une autre influence que celle de sa propre raison. » Ainsi, plus une fable est incroyable, plus un récit sur les dieux semble paradoxal, et plus il est. utile, car il éveille l'attention des sages, et les pousse à chercher la vérité enfouie sous le symbole. « Suivons, dit Julien dans un autre de ses écrits, les traces récen-

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