‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 22 sur 296 · Ammien Marcellin, XXI · texte numérisé non relu

Ammien Marcellin, XXI

france, par l'étude, enclin à rechercher ce qui rapproche plus que ce qui divise. C'est dans cet esprit qu'en 358 ou 359, répondant de Phrygie à des questions posées par ses collègues de Gaule et de Bretagne, il leur avait adressé son livre des Synodes, Rentré en Gaule, il avait continué son œuvre tout à la fois d'apaisement et de fermeté, en provoquant la réunion d'assemblées d'évêques où bien des malentendus furent dissipés, tandis que les tenants obstinés des doctrines ariennes, comme son ancien adversaire Saturnin d'Arles, s'y voyaient formellement désavoués *. C'est le moment aussi où le plus illustre des disciples de saint Hilaire, l'ancien soldat Martin, fondait dans les environs de Poitiers le premier établissement monastique de Gaule. L'état du christianisme se trouvait trop affermi ou trop florissant dans les Églises gallo-romaines pour que Julien, dans la situation encore critique de ses affaires, ne se sentit tenu vis-à-vis des fidèles à une grande prudence. En laissant voir dès lors le fond de ses sentiments, il eût craint de mécontenter non seulement une partie considérable de la population civile, mais même beaucoup de ses soldats 2 . Aucun intérêt politique ne le pressait de s'attacher, par un acte précipité, la masse des païens, qui d'instinct Sentaient en lui un ami, et se montreraient de toute façon favorables à quiconque se déclarerait contre Constance. C'est avec l'opinion chrétienne qu'il lui fallait encore compter. Aussi Ammien nous dit-il que, durant son séjour à Vienne, Julien, « afin de gagner la

1. Voir TUlem ont, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles, t. VII, p. 444-458.

Page 1