Hist. acephala
2. « MI die menais ejusdem (cyaci) prf. Gerontius nuntiavit mortem Constantii imperatoris el quod solus Julianus tenuit universum imperium. » Ibid.,$.
3. Ammien Marcellin, XXII, 11 ; Historia acephala, 8; Chronique d'Alexandrie, ad ann. 362 ; Philoslorge, VII, 2 ; Socrate, III, 2 ; Sozomène, V, 7 ; saint Ëpiphane, Haeres., LXVI. — Les détails donnés par Ammien (assez mal renseigné sur les faits d'Alexandrie, car il place la mort de Georges après l'exécution d'Artemius, qui lui est postérieure de plusieurs mois) diffèrent de ceux que rapporte le document le plus sûr pour les affaires d'Egypte, Y Historia acephala. Je reproduis ici le récit de YAcephala faisant suite au texte donné dans la note précédente : « Quo audito, cives Alexandrini et omnes contra Georgium clamaverunt eodemque momento sub custodia illum constituerunt. Et fecit in carcere Tel ferro yinctus ex prœdicto die
fonctionnaire de l'ancien gouvernement, le comte Diodore, fut victime de la même émeute, si Ton en croit Ammien : les idolâtres lui reprochaient de s'être, un jour qu'il présidait à la construction d'une église, amusé à tondre de nombreux enfants, en prétendant que leur longue chevelure était un indice de paganisme. Les cendres de ces malheureux furent jetées à la mer, « de peur, ajoute Ammien, que des églises ne se construisissent sur leurs tombeaux, et qu'on ne les honorât comme des martyrs 1 . »
La précaution était sans doute superflue. Les chrétiens n'intervinrent pas. Peut-être eussent-ils pu, dit encore Ammien, sauver les trois victimes : mais la haine que tous indistinctement ressentaient pour Georges les empêcha de prendre parti 2 . L'autorité militaire n'intervint
cyac 1111 usque ad XXVII ejusdem menais diebus XXIII1. Nam XXVIII die ejusdem mensis mane pêne omnis populas illias civitatis produxit de carcere Georgium necnon etiam comitem qui cnm ipso erat insistentem fabricœ dominicœ quœ dicitur Cœsariana. Et occiderunt ambos et eorum corpora circumduxerunt per mediam civitatem, Georgii quidem super camelum, Dracontii vero bomines funibus trahenles, et sic injuriis adfectos circa boram VII diei utriusque corpora combosserunt. » Je cite (en corrigeant l'orthographe) l'édition du ma. de Vérone donnée par M" Batiffol, dans Mélanges de littérature et d'histoire religieuse publiés à l'occasion du jubilé épiscopal de M* T de Cabrières, 1899, p. 102.
1. « Id metuens ut clamabat(multitudo), ne collectis su prenais, œdes illis exstruerentur ut reliquis, qui deyiare a religione compulsi, pertulere cruciabiles poenas, adusque gloriosam mortem intemerata fide progressi, et nunc martyres appellantur. » Ammien Marcellin, XXII, 11.
2. « Polerantque mieerandi homines ad cru de le supplicium ducti, christianorum auxilio defendi, ni Georgii odio omnes indiscrète flagrabant. • Ibid. — Les ariens accusèrent les partisans d'Athanase d'avoir été les meurtriers de l'évêque intrus. (Socrate, III, 2; Sozomène, V, 7.) Le récit d' Ammien réfute suffisamment cette accusation, qui se trouve également contredite par la lettre 10 de Julien. « Celui-ci eût sans doute mieux aimé, dit à ce propos Sozomène, que les païens fussent les auteurs de la mort de Georges, mais il ne put cacher la vérité ; » &icep oùx 4v &(ioX6YT}?ev, el
pas davantage. Elle était alors représentée par Julien, oncle de l'empereur, et renégat comme lui, qui venait d'être nommé duc d'Egypte, c'est-à-dire commandant de toutes les forces militaires de la province, en remplacement d'Artemius 1 : probablement ne voulut-il pas engager la lutte avec des coreligionnaires. C'est lui que les habitants d'Alexandrie chargèrent de plaider leur cause quand, leur ivresse sanglante s'étant dissipée, les païens prirent conscience du crime qu'ils avaient commis et de la responsabilité que leur barbarie faisait encourir à la cité.
Il n'eut point de peine à obtenir la grâce des coupables, ou plutôt une amnistie complète. Julien l'annonça par un message officiel, envoyé vers la fin de janvier 362 « au peuple des Alexandrins 2 , » et destiné à être affiché, comme une proclamation ou un édit.
Le ton est celui d'une sévère réprimande. « Si vous ne respectez pas, — écrit Julien, — Alexandre votre fondateur, et par-dessus lui encore le dieu grand et très saint Sérapis, comment n'avez-vous tenu aucun compte de l'intérêt commun, de l'humanité, du devoir, j'ajouterai
|u?j (mè tifc àXtiôetoç èétàdhr JjOeXe y*P» ot|iai, xpumavoù; olov<7&7Jno?E, ^ "E»v)va; etvai xoù; rewp-ftou çovla;. Cependant saint Grégoire de Nazianze semble imputer le meurtre de Georges au « peuple entier •, ôpyïî; icavS^iAou xai ?opâ; £p?ov ^cvéïievoç (0 ratio XXI, 27), ce qui impliquerait les chrétiens aussi, Y.iiâ;. Mais le rôle de ceux-ci est indiqué avec une plus grande précision par Ammien, qui les montre n'agissant pas, laissant faire. Cette responsabilité atténuée suffit à expliquer les paroles, d'ailleurs vagues et oratoires, de Grégoire de Nazianze.