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justice, en vous mettant à l'abri de tout reproche, aurait puni l'auteur du sacrilège et rendu sages tous ceux qui méprisent les dieux, ne comptent pour rien les grandes cités et les peuples florissants, et font consister leur puissance à les traiter cruellement. »
Julien rappelle alors aux Alexandrins une première lettre qu'il leur avait adressée, probablement celle dont nous avons parlé, relative au transport à Constantinople d'un de leurs obélisques 1 . « Quels éloges je vous écrivais alors! Et maintenant, au nom des dieux, si je voulais vous louer, je ne le pourrais pas, à cause de votre forfait. Un peuple ose, comme des chiens, déchirer un homme, et ne rougit pas de tendre ensuite vers les dieux des mains souillées de sang! Georges, dira-t-on, méritait ce qu'il a souffert. Il méritait même de pires souffrances, j'en conviens; mais ce n'était pas à vous de les lui infliger. Vous avez des lois ; il vous faut les observer par-dessus tout et les chérir. Si un particulier les enfreint, la communauté, elle, doit rester dans Tordre et la légalité, et ne point transgresser ce qui a été bien établi dès le commencement. »
Suivent des paroles de clémence. « Vous êtes bien heureux, habitants d'Alexandrie, qu'un tel acte ait été accompli par vous sous mon règne, à moi qui, par vénération pour le dieu, et à cause de mon oncle et homonyme, qui gouvernait alors l'Egypte et votre ville, vous conserve une amitié paternelle. Car une autorité qui veut être respectée, un gouvernement sévère et juste ne verrait pas ce forfait de tout un peuple sans appliquer au mal difficile à guérir un remède plus rigoureux.