Saint Grégoire de Nazianze, Oratio XXI
disait que le retour dans leurs foyers avait été permis aux prélats exilés, mais non la reprise des fonctions épiscopales. Il ne semble pas, cependant, que le gouvernement ait, ailleurs qu'à Alexandrie, inquiété de ce chef les évéques amnistiés qui avaient, après leur retour, recommencé de gouverner leurs Églises. Un empereur païen eût difficilement justifié cette prétention de s'immiscer dans les affaires intérieures des communautés chrétiennes. D'ailleurs, elle aurait été en contradiction avec les assurances de libéralisme religieux données aux chefs des diverses sectes convoqués dans le palais de Constantinople. Hais, si arbitraire qu'elle nous semble, l'interprétation subtile et tardive ainsi donnée de la loi de rappel laissait peser une menace sur tous les évéques rentrés, et permettait d'atteindre tout de suite ceux que l'on voudrait éloigner de nouveau. C'est ce que Julien tenta de faire, pour Athanase, par l'édit dont voici le texte :
« Il convenait qu'un homme frappé souvent par les ordonnances royales, et atteint par les sentences de plusieurs empereurs, attendit un édit pour rentrer dans ses foyers, au lieu de pousser l'audace et la folie jusqu'à se moquer des lois comme si elles n'existaient pas. Nous avions récemment permis aux Galiléens exilés par le bienheureux Constance, non le retour dans leurs églises, mais seulement le retour dans leurs foyers. J'apprends cependant que l'audacieux Athanase, emporté par sa fougue accoutumée, a repris ce qu'ils appellent le trône épiscopal *, et que cela n'est pas médiocrement insupportable au peuple religieux d'Alexandrie. C'est pourquoi