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nous lui signifions de sortir de la ville dès le jour où il aura reçu les lettres de notre clémence : s'il reste à l'intérieur de la ville, nous prononcerons contre lui des peines plus fortes et plus rigoureuses '. »
Si dur et si menaçant que fût cet édit, Athanase avait, dans sa longue carrière, supporté sans faiblir de bien autres orages. Avec une audace tranquille, il résolut de ne pas tenir compte du nouvel ordre d'exil, et de demeurer à Alexandrie jusqu'à ce qu'on l'en arrachât par la force. Il se sentait soutenu par l'amour des Alexandrins, et jugeait avec raison que le gouvernement hésiterait avant d'engager un conflit avec l'irritable population de la métropole égyptienne. Pendant plusieurs mois, quoique banni nominalement, il continua de remplir sans trouble apparent ses fonctions épiscopales.
Comme toujours, sa volonté resta tendue vers le but unique de sa vie : arracher le monde chrétien à l'arianisme, restaurer la foi proclamée à Nicée. Profitant du retour de nombreux évoques, maintenant réinstallés dans leurs Églises, il convoqua un concile à Alexandrie. Deux illustres confesseurs de la foi y furent spécialement invités. C'étaient les évèques occidentaux Eusèbe de Verceil et Lucifer de Cagliari, exilés l'un et l'autre par Constance dans les lointains déserts de la Haute Thébalde. Alexandrie était l'une des étapes naturelles de leur re-
1. Julien, Ep. 26; Hertlein, p. 514. La lettre porte pour titre : Édit aux Alexandrins, 'AXsÇavdputoi Biâxœf\ut, Rôdes [Geschichte der Reaction Kaiser Julians gegen die christliche Kirche, p. 80) la croit contemporaine de la lettre 6, qui est du mois d'octobre. Schwarz (De vita etscriptis, p. 38), arec plus de raison, la place peu de temps après le retour d' Athanase, vers la fin de mars. F. Cumont (Sur l'authenticité de quelques lettres de Julien, p. 20) la croit dictée par l'empereur même, et non rédigée, comme d'autres édit s, par des secrétaires.
tour en Europe, et leur présence devait apporter un surcroît d'autorité aux délibérations du concile. Mais Eusèbe accepta seul l'invitation d'Athanase : Lucifer préféra partir pour Antioche, dans l'espoir de faire cesser le schisme qui divisait cette Église depuis l'élection de Mélèce. Malheureusement son intervention ne put qu'aggraver le désordre. A Alexandrie, au contraire, non seulement la vraie doctrine fut de nouveau proclamée, mais d'utiles décisions, empreintes d'un grand esprit de charité, furent prises afin de réconcilier les évèques et les prêtres ariens qui abjureraient leurs erreurs.
Les résultats obtenus par le zèle d'Athanase accrurent l'irritation de Julien. Non seulement la présence de l'intrépide champion du Verbe servait à la cause de l'orthodoxie, mais encore elle donnait dans Alexandrie une vigueur nouvelle au mouvement qui entraînait les païens vers le christianisme. Des convertis, parmi lesquels plusieurs femmes de haut rang, avaient reçu le baptême des mains de l'évèque : « chaque jour les vides faits par la défection de chrétiens peureux se comblaient par l'accession de nouvelles recrues conquises sur l'idolâtrie 1 . » Ce n'était plus seulement l'arianisme, c'était l'hellénisme qui rencontrait dans l'indomptable volonté d'Athanase l'obstacle contre lequel se brisait son flot. Julien fut d'autant plus irrité, que ces nouvelles lui parvenaient par des voies indirectes, tandis que les administrateurs officiels de l'Egypte semblaient s'être entendus pour ne nommer Athanase dans aucun de leurs rapports. Sa patience était