‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 266 sur 296 · Théodoret, III · texte numérisé non relu

Théodoret, III

2. Ce détail, s'il est exact, indiquerait que les faits se sont passés dans une ville où la majorité de la population était chrétienne. Nous pensons qu'on doit les placer pendant le séjour de Julien à Gonstantinople; si l'on croyait devoir (comme Goyau, Chronologie de l'Empire romain, p. 195) les mettre beaucoup plus tard, à la (in de 362, le même détail s'entendrait facilement du peuple d'Anlioche, qui, pris en masse, était sympathique aux chrétiens.

digne de porter le nom de martyr de Jésus-Christ! » s'écria en se relevant le jeune condamné. Théodoret ajoute que les soldats furent relégués à Tune des extrémités de l'Empire, avec défense d'entrer dans les villes. On ne sait de quel document Théodoret a tiré ces détails. Saint Grégoire de Nazianze dit seulement que « l'empereur ne voulut cependant pas les mettre à mort, pour ne pas faire d'eux des martyrs, et les punit de l'exil 1 . » Sozomène s'exprime un peu autrement : « L'empereur, dit-il, quoique gravement offensé, ne prononça pas la peine capitale, afin de ne pas leur accorder l'honneur du martyre; mais, après les avoir déclarés exclus de la milice, il les chassa du palais 2 . »

L'exclusion de la milice, telle était la peine de tous les soldats qui se déclaraient chrétiens. Pour les autres, l'apostasie était facilement présumée : il suffisait d'avoir accompli une formalité comme celle qui avait accompagné la remise du donalivwn pour être classé parmi les païens. « Un peu de feu, un peu d'or, un peu d'encens, défirent, dit saint Grégoire, une armée qui avait vaincu tout l'univers, sans que la plupart s'aperçussent même du coup qui les frappait 3 . » Julien se contentait volontiers des apparences, et prenait souvent ses désirs pour des réalités.

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