‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 27 sur 296 · II. — L'expédition de Julien · texte numérisé non relu

II. — L'expédition de Julien

Rempli d'événements et d'inquiétudes pour Julien, l'hiver de 360-361 n'avait pas été moins agité pour Constance. Pendant que le César rebelle célébrait à

1. « Inter quae Helenœ conjugis defunctœ suprema miserai Romam, in suburbano vise Nomentanœ condenda, ubi uxor quoque Galli, quondam soror ejus, sepulta est Constantina. » Aramien Marcellin, XXI, 1. — Sur ie mausolée, connu sous le nom d'église de Santa Costanza, voir Armellini, le Chiese di Roma, p. 672, et // cimitero di S. Agnese, p. 362. La notice du pape Silvestre, au Liber pontificalis (éd. Duchesne, t. I, p. 180), parlait d'un baptistère construit en ce lieu. M. Duchesne avait émis la conjecture (ibïd.y p. 197, note 181) que ce baptistère était identique au mausolée constantinien. Celte conjecture est devenue une certitude depuis les fouilles de 1888, qui ont fait découvrir la vasque baptismale (Bull, délia comm. arch. corn., 1888, p. 233). D'après le Liber pontificalis, Constantina y fut baptisée par le pape Silvestre, ainsi que Constantia, sœur de Constantin et femme de Licinius. Une inscription en vers, existant autrefois dans l'abside de la basilique de Sainte-Agnès (De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 44), attribue la fondation de cette basilique à Constantin. — Cette sépulture dans une église indique qu'Hélène était demeurée chrétienne.

Vienne ses quinquennalia, l'Auguste luttait en Orient contre les Perses.

Constance avait toujours su à la fois négocier et combattre. Aussi son premier soin, avant d'entrer en campagne, avait-il été de se faire un allié. L'amitié des rois d'Arménie était sans cesse disputée par les Romains et par les Perses. Dans ce duel entre les deux peuples, l'appui ou au moins la neutralité du prince qui, de ce massif montagneux, dominait tous leurs champs de bataille formait un précieux appoint. Presque toujours les maîtres de l'Arménie étaient demeurés fidèles à l'Empire. Sapor, cependant, s'efforçait depuis quelque temps de circonvenir le roi Arsace. Il mettait tout en œuvre, promesses et menaces, pour le détacher des Romains. Constance manda à Césarée ce douteux allié. Reçu avec de grandes démonstrations d'amitié, comblé de présents, Arsace se trouva bientôt enchaîné à la cause romaine par un lien nouveau. Il semble que Constance ait tenu toujours en réserve quelque princesse de la famille impériale dont l'alliance devait entrer dans les combinaisons de sa politique. C'est ainsi que ses deux sœurs, Constantine et Hélène, furent données en même temps que le titre de César à Gallus et à Julien. Cette fois, il pouvait disposer de la main d'Olympiade, fille du préfet Ablave, naguère fiancée toute jeune à son frère Constant. Il paya de ce mariage l'alliance du roi d'Arménie, à l'indignation de saint Athanase, qui, dans sa fierté romaine, ne put voir sans frémir celle qui avait été destinée à un empereur devenir l'épouse d'un roi barbare *.

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