‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 280 sur 296 · Apulée, Florides · texte numérisé non relu

Apulée, Florides

politiques ayant cessé, la parole publique, jadis arme de guerre, ne fut plus qu'un ornement, à peine une épée de parade. C'est sous les premiers Flaviens, puis sous les Antonins, que Ton commence à voir des professeurs dotés aux frais du trésor public. « Vespasien, le premier, accorda aux rhéteurs, sur les fonds de l'État, un salaire annuel de 100.000 sesterces (25.000 francs) *. » Hadrien, Antonin, MarcAurèle établirent aussi des chaires de rhétorique et de philosophie dans les provinces. A leur exemple, les villes fondèrent et dotèrent des chaires de toute sorte, grammaire, droit, médecine. Les empereurs aidèrent ce mouvement, en accordant aux professeurs l'exemption de toute charge publique, impôts, tutelle, service militaire, logement des soldats. Alors s'établirent, sans contrôle de l'État, mais favorisés par lui, ces groupements de maîtres de toute sorte qui, en beaucoup de cités, formaient l'équivalent d'une ou de plusieurs de nos Facultés, en quelques autres ressemblaient déjà aux grandes Universités de notre temps, ou mieux encore à celles du moyen Age. Les détails que Libanius et saint Grégoire de Nazianze donnent sur l'Athènes du quatrième siècle, avec ses étudiants divisés par nations, leurs habitudes turbulentes, leurs fêtes, leurs plaisanteries, leur goût de l'argumentation et de la dispute, les rivalités des professeurs, les coutumes et les mœurs des élèves, font songer au Paris universitaire de Robert Sorbon ou de saint Louis, à la Montagne Sainte-Geneviève du treizième siècle encore plus qu'au moderne Quartier Latin. Si nous avons moins de détails sur les autres Universités de l'Empire romain, sur Antioche ou Alexandrie, sur

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