‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 293 sur 296 · Sozomène, V · texte numérisé non relu

Sozomène, V

la chute de Julien, eurent pu reprendre l'étude des classiques anciens 1 . Cela suppose que ces écrits, même s'ils eurent une vogue momentanée, étaient de peu de valeur. « Le temps n'épargne pas ce qu'on a fait sans lui. » Les compositions littéraires des deux écrivains de Laodicée offrirent vraisemblablement les défauts de l'improvisation, joints à ceux du pastiche. Sozomène, qui les admire, dit qu'elles furent produites très rapidement 2 . Et il semble que les principales qualités littéraires des Apollinaires soient celles que saint Basile reconnaît à l'un d'eux, une extrême facilité et une abondance sans égale 3 .

Certes, l'idée que la poésie ne serait pas éternellement obligée de se couler dans le moule de la pensée antique, et, sans abandonner les formes, les mesures et les rythmes consacrés, trouverait un jour une source de pures inspirations dans les récits grandioses de l'Ancien Testament ou dans les touchants épisodes du Nouveau, ne manquait pas de justesse, et, en un certain sens, devançait l'avenir. Hais on ne pouvait, sans illusion, nourrir l'espoir de remplacer sur commande, par de froides imitations et de hâtives ébauches, les œuvres immortelles, fruit des plus beaux génies, où depuis plusieurs siècles toutes les générations lettrées avaient appris Fart de penser clairement et de bien dire. Il fallait, pour se croire capable d'en produire sans retard l'équivalent, ou beaucoup de naïveté ou beaucoup de

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