Ammien Marcellin, XX
A. Ibid.
vasion de Pietés et de Scots { . Il avait emmené d'excellentes troupes, deux légions et les deux cohortes auxiliaires qui portaient les noms d'Hérules et de Bataves. Celles-ci n'avaient point été mêlées à la révolte militaire d'où Julien sortit Auguste. Lupicin était un chef redouté, cruel, disait-on, avare, impérieux, un peu théâtral dans ses allures, mais habitué à la guerre, à la fois habile et brave 2 . Ce qu'on savait de lui faisait croire qu'il n'accepterait pas facilement le nouvel ordre de choses. Soit fidélité pour Constance, soit aversion pour Julien, on s'attendait qu'à la première annonce de la révolution il mettrait à la voile, et rentrerait dans les Gaules pour la combattre. Heureusement pour Julien, les nouvelles, en ce temps, voyageaient lentement, surtout quand il leur fallait franchir les mers. Rien n'était plus facile que d'intercepter les communications entre la Gaule et la Bretagne. Un fonctionnaire de la maison impériale fut envoyé à Boulogne, avec ordre de ne laisser personne s'embarquer 3 . Lupicin, tenu ainsi dans l'ignorance, ne revint en Gaule qu'après que le pouvoir de Julien se fut affermi : il débarqua sans prendre de précautions, et, dès qu'il eut mis le pied sur le rivage, fut arrêté et conduit en prison, avec trois de ses officiers 4 . Mais il restait Constance, éloigné sans doute, toujours