Ibid
4. Julien, Ép. au sénat et au peuple & Athènes, Il ; Hertlein, p. 361.
redoutable cependant, et Julien se demandait avec angoisse ce que ferait celui-ci.
« Il tremblait, dit Àmmien, à la pensée des suites que la révolution récente pourrait avoir : il vivait dans les transes : il ne cessait de rouler dans son esprit les motifs qui lui faisaient croire que jamais Constance n'accepterait les faits accomplis 1 . » Bien qu'il supposât que l'empereur connaissait déjà le détail de ceux-ci, soit par le retour de Decentius, soit par le rapport de chambellans qui, envoyés d'Orient pour quelque message, s'étaient par hasard trouvés à Paris au moment de la révolution 2 , il crut prudent d'informer par lettre Constance de ce qui s'était passé et de lui faire part de ses intentions. Ammien nous a conservé le « sens » de cette lettre 3 .
« Bien des fois, écrit Julien, j'ai prouvé ma fidélité à mes engagements. Depuis le jour où, m'ayant créé César, tu m'as exposé à l'affreux tumulte des combats, satisfait du pouvoir que tu m'avais octroyé, je n'ai cessé de t'envoyer des nouvelles heureuses, sans jamais me targuer des périls que j'avais courus. D'innombrables documents me montrent, en face des Germains répandus partout, le premier toujours au travail et le dernier au repos. Mais, soit dit sans t'offenser, si tu penses qu'aujourd'hui quelque chose a été innové, songe que le soldat, consumant infructueusement sa vie au milieu de guerres pé-
1. « Suroma cœptorum quorsum evaderet pertimescens erat anxius, nusquam assensurum Constantin m faclis multa volvendo conaiderans. » Ammien Marcellin, XX, 3.