H»c clarius soiito disserebat. » Ibid
4. Il semble qne la version donnée par Ammien de ce discours ait été écrite après coup. Elle ne ressemble pas au court résumé que Julien a fait de ses paroles dans la lettre aux Athéniens (Hertlèin , p. 369) ; mais surtout on trouve dans le dernier paragraphe du texte d* Ammien le programme de l'expédition future dessiné avec trop de précision pour n'avoir pas été rédigé après son accomplissement.
que j'étais sur votre intrépide courage. Témoins des travaux que nous avons accomplis, les Gaules, relevées après tant de deuils et de si longues épreuves, rediront notre œuvre à la postérité.
« Maintenant que par l'autorité de vos suffrages, et cédant à la nécessité, j'ai été élevé au rang d'Auguste, je veux, avec l'aide de Dieu et avec votre concours, accomplir de grandes choses, si la Fortune favorise mes desseins : fort de ce qu'une armée si juste et si vaillante m'a jugé sage et modéré dans la paix, prudent et réfléchi dans la conduite de guerres fréquentes contre des nations coalisées. Afin donc de prévenir, par notre étroite union, les difficultés qui nous attendent, suivez la voie que je crois bonne pendant que les circonstances sont favorables à nos désirs. Les provinces illyriennes ne sont point défendues : marchons-y sans retard : occupons les extrêmes limites de la Dacie : l'événement nous montrera ensuite ce qu'il faut faire.
« A l'exemple des chefs qui ont foi dans leurs hommes, je vous demande de me jurer obéissance et fidélité. Pour moi, je mettrai mon soin accoutumé à ne rien faire de téméraire ou de timide, et je prouverai à qui le demandera mon incorruptible volonté de travailler en toute chose pour le bien commun. Mais, ce que je vous recommande avant tout, veillez à ce que votre ardeur ne vous entraîne pas à nuire aux intérêts des particuliers : souvenez-vous que nous nous sommes illustrés moins encore en taillant en pièces d'innombrables ennemis qu'en assurant la tranquillité et le salut des provinces 1 . »
J. Ammien Marcellin, XXI, 5.
Ce discours — où le nom de Dieu est deux fois prononcé, d'une manière qui ne pouvait ni blesser les païens ni inquiéter les chrétiens — fut, ajoute l'historien, reçu de tous comme un oracle. L'émotion parut générale. Les soldats frappaient sur leurs boucliers, et, poussant des cris, saluaient Julien des titres de grand général, de vainqueur des nations et des rois. Chacun prêta le serment demandé : les soldats le prononcèrent d'abord, touchant leur tête de leur glaive, et accompagnant de terribles imprécations la promesse de sacrifier, s'il le fallait, leur vie pour Julien. Tous les officiers, puis tous les fonctionnaires de la cour et de la maison du prince, répétèrent la même formule. Un seul refusa courageusement; c'était le nouveau préfet du prétoire, Nebridius. « Jamais, dit-il, je ne pourrai me lier par serment contre Constance, qui m'a comblé de bienfaits. » Des soldats, furieux, se jetèrent sur Nebridius, et voulurent l'égorger : mais Julien le sauva, en le couvrant d'un pan du manteau impérial. Rentré dans le palais, le César y retrouva. Nebridius, qui se jeta à ses pieds, et le supplia de lui tendre la main en signe de pardon. « Que restera- t-il donc à mes amis, répondit Julien, si jeté permets de toucher ma main? mais va, en sûreté, où tu voudras. » Nebridius se retira dans ses terres, en Toscane 1 .
Pendant que Julien se préparait ainsi à faire le pas décisif, Constance, à l'autre extrémité de l'Empire, attendait de pied ferme l'attaque des Perses. Il faut avouer que le beau rôle, à ce moment, parait être de son côté, et que, vu de loin, avec les idées du patriotisme