‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 43 sur 296 · Mamertin, L c · texte numérisé non relu

Mamertin, L c

5. a Oamqae ad locum venisset nnde navigari posse didicit flumen. • Ammien Marcellin, XXI, 9.

qu'il avait noué des intelligences avec quelques-uns au moins de ses chefs, car il se trouva, comme par hasard, qu'an grand nombre de navires étaient mouillés à l'endroit où il atteignit le fleuve, et il n'eut, en quelque sorte, qu'à étendre la main pour les prendre 1 . Comme de la capture de ces navires dépendait en grande partie le succès de son entreprise, on croira volontiers que le hasard ne les avait pas seul assemblés en ce lieu. Julien s'y embarqua aussitôt avec ses soldats. Au rapport d'Ammien Marcellin, on navigua sans bruit, rapidement, ne s arrêtant devant aucune ville, soit pour s'y ravitailler, soit pour la conquérir, et l'on put ainsi, en quelques jours, arriver àl'improvisteau cœurdelaPannonie 2 . Marner tin, qui était de l'expédition, mais qui, panégyriste, avait intérêt à embellir et à amplifier toute chose, raconte la navigation d'une manière bien différente. Il montre la flottille s'avançant noblement sur le fleuve, avec le vent dans les voiles, au bruit des rames qui frappent l'eau en cadence. Debout à la poupe de son navire, le prince reçoit les députations des villes que l'on traverse, et leur distribue les faveurs, les richesses, les privilèges 3 . Pendant qu'il passe ainsi, comme une sorte de dieu tutélaire, béni par les Romains de la rive droite, les Barbares de la rive gauche restent immobiles, ou même s'agenouillent comme frappés de terreur 4 . Un autre contemporain, saint Grégoire de Nazianze, a décrit aussi la navigation de Julien, mais en termes moins épiques, qui se rapprochent plus du langage d'Ammien que de celui de Marner-

1. • Lembis adscensis, quos opportune sors dederat plu ri rn os. » Ibid.

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