‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 56 sur 296 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

prétendait avoir reçues des dieux avant et pendant le voyage, le terme lui apparaissait quelquefois douteux, ou même menaçant. Le vent avait jusqu'à ce jour enflé ses voiles, mais pouvait changer tout à coup, et le briser contre un écueil. Cet écueil semblait même aujourd'hui apparaître à fleur d'eau, sous la forme d'une ville rebelle et de deux légions mutinées. Julien ne cessait plus d'interroger les' dieux. Il cherchait par tous les moyens à leur arracher le secret de l'avenir. Il interrompait les plus graves affaires pour fouiller, sans relâche, les entrailles des victimes *. Il suivait d'un œil perplexe le vol révélateur des oiseaux 2 . Hais il n'entendait plus que des réponses ambiguës, et ses incertitudes s'en augmentaient 3 . Ses amis et lui-même essayaient pourtant de le rassurer. Il fallait parfois bien peu de chose pour y réussir. Voici des exemples curieux de cette mobilité d'esprit. Julien avait dans son armée, parmi les rhéteurs dont il aimait à se faire accompagner, et à qui il réservait déjà les grandes charges de l'administration et de la politique, un Gaulois, nommé Aprunculus, orateur de profession, mais très versé aussi dans les pratiques de l'haruspicine. Examinant un jour, avec Julien, un animal qu'on venait d'immoler, Aprunculus fit remarquer à l'empereur que le foie était entouré d'une double membrane, présage d'événements heureux pour lui, funestes pour ses ennemis 4 . C'était « enfin 5 » la réponse précise

1. « Julianus inler înulta qu» per Illyricum agit abat, exta ri m abat ur assidue. » Ammien Marcellin, XXII, 1.

2. « Avesque suspiciens prescire festinabat accidentium finem. » Ibid.

3. « Responsis ambiguis etobscuris hœrebat futurorum incerlus.» Ibid.

4. Ammien Marcellin, XXII, 1. — Sur l'inspection des exta, foie, fiel, poumons, membrane intestinale, etc., voir Marquardt, Rômische Staatsverwallung, trad. française, XII, le culte, t. I, p. 21-22.

Page 1