‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 6 sur 296 · Voir 1. 1, p · texte numérisé non relu

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se multiplier les obstacles. Ce n'est qu'à la suite de longues instances qu'ils obtinrent la permission de sortir de l'Italie, puis de l'Illyrie. Quand, après la traversée du Bosphore, ils eurent abordé en Asie, leur route fut particulièrement lente et contrariée 1 . Il était visible que les fonctionnaires, connaissant ou devinant la pensée du maître, n'acceptaient pas les faits accomplis, et considéraient la révolution de Gaule comme non avenue. L'attitude des subordonnés montrait d'avance que l'empereur n'était point disposé à une transaction, où il lui faudrait céder quelque chose de ses droits.

Parvenus enfin à Césarée, Euthère et Pentadius furent reçus à la cour de Constance, plutôt en envoyés d'un adversaire qu'en représentants d'un allié ou d'un collègue. Il semble même qu'ils aient été considérés comme les agents d'un rebelle, sur lesquels ne s'étendait plus la protection du droit des gens. Ils obtinrent cependant une audience de l'empereur, et purent lui présenter la lettre de Julien. Lecture en fut donnée. Mais, dès les premières phrases, Constance ne put se contenir. Sa colère, dit Ammien, éclata au-dessus des bornes ordinaires 2 . Il lança aux ambassadeurs un tel regard, que ceux-ci crurent y voir leur arrêt de mort 3 . Puis, refusant d'en entendre davantage, il leur commanda de sortir.

Ce ton de maître cachait cependant des hésitations. Constance se demanda d'abord quel parti il suivrait. Ferait-il avec les Perses une paix provisoire, pour se

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