‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 7 sur 296 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

tourner sans retard contre Julien, à la tête des troupes qu'il avait levées en Orient et qui lui inspiraient confiance? Certains de ses conseillers recommandaient cette solution : ils lui rappelaient que c'était pendant les années où régnait la paix extérieure qu'il avait pu triompher de la compétition de Yétranion et de la révolte plus dangereuse de Magnence. Mais d'autres, plus prévoyants ou plus patriotes, le pressaient de continuer ses préparatifs contre les ennemis du dehors, en essayant de négocier avec Julien. Il hésita longtemps, et tint plusieurs conseils, où les deux alternatives furent examinées 1 . Enfin, l'avis des gens sages prévalut : Constance domina son ressentiment, et résolut de poursuivre sa marche vers la frontière menacée par Sapor. C'était accepter implicitement d'entrer en pourparlers avec le César. Sans répondre directement aux envoyés de celuici, mais sans les maltraiter, comme ils l'avaient pu craindre d'abord, Constance les laissa libres de retourner vers leur maître. En même temps il désigna, pour faire part de ses intentions à Julien, un fonctionnaire de sa cour, le questeur Léonas.

Léonas était un personnage considérable par sa charge comme par la confiance dont l'honorait son souverain. Il avait obtenu celle-ci en se faisant l'un des agents les plus actifs de la politique religieuse qui tenait une si grande place dans la pensée souvent mal inspirée du fils de Constantin. L'année précédente, il représentait l'empereur au concile de Séleucie : on l'y avait vu, abdiquant toute impartialité, favoriser contre le parti modéré des

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