Ammien Marcellin, XXI
3.1bid. — Zosime, III, il, ne nomme pas les deux comtes, mais dit
84 lk MORT DE CONSTANCE.
On raconte que, dans l'entourage de Julien, ces nouvelles rencontrèrent d'abord des incrédules. Peut-être ses amis voyaient-ils dans l'annonce de la mort de Constance un piège pour le faire sortir de Naïsse, et l'entraîner au-devant des troupes de son adversaire. Julien, cependant, les rassura : il prit un livre, de divination probablement, et leur montra un passage qui confirmait à ses yeux l'exactitude du fait annoncé. Puis, ajoute Libanius, quand il vit la guerre si promptement et si heureusement finie, et quand il fut sûr que son ennemi n'était plus, la nature reprit ses droits : Julien versa d'abondantes larmes, qui coulèrent jusque sur le livre qu'il tenait à la main ; il s'informa avec intérêt de la maladie de Constance, s'enquit du lieu où était son corps, demanda si on lui avait rendu les honneurs suprêmes *. Sentiment sincère, ou même impression purement nerveuse, ce mouvement spontané fait honneur à Julien, et jette une lueur d'humanité sur cette tragique histoire.
Julien n'avait plus d'ennemis à redouter. Il est vrai qu'Aquilée, refusant aussi de croire à la mort de Constance, résistait toujours, et les assiégés infligeaient même aux assiégeants de sanglantes défaites *; mais l'exemple de ses défenseurs ne gardait plus aucune
que vint vers Julien, à Naïsse, une grande troupe de cavalerie, n^tio; imrc'wv, pour lui annoncer la mort de Constance et lui porter l'adhésion de l'armée d'Orient. Le récit d'Ammien semble préférable, bien que l'un et l'autre se puissent concilier, les cavaliers dont parle Zosime étant peutêtre l'escorte de Théolaïpheet d'Agilide.