ibid
semi-ariens les fauteurs de l'extrême arianisme 1 . Cet interprète autorisé des volontés de Constance eut l'ordre de se rendre en Gaule par les voies les plus rapides, et d'y remettre entre les mains de Julien la réponse impériale au message qu'avaient porté à Césarée Euthère et Pentadius.
Cette réponse était vive et hautaine. Oubliant que, cinquante ans plus tôt, Constantin avait tenu aussi son pouvoir d'une acclamation des soldats, Constance reprochait au César, avec le ton d'un prince né dans la pourpre, d'avoir pris le titre d'Auguste, non à la suite d'une victoire, mais en conséquence des volontés irrégulières et illégales de son armée 2 . Il déclarait en même temps à Julien qu'il n'accepterait aucun changement dans l'ordre de choses précédemment établi : il l'invitait à laisser les pensées ambitieuses, « s'il avait quelque souci de son salut et de celui de ses proches 3 . » Julien recevait Tordre de rentrer dans son rang de César 4 . Joignant l'exemple aux paroles, Constance le traitait aussitôt comme tel, et changeait par ordonnance le haut personnel administratif de la Gaule. Non seulement il pre-
1. Théodoret, Hist. eccl. % H, 26; Socrate, Hist. eccL, II, 39-40.
2. Zonare, Ann. t XIII, 10. Zonare semble dépendre ici d'an écrit perdu d'Oribase; voir l'Appendice sur les Sources de l'histoire de Julien. — Dans un sentiment à peu près semblable, saint Grégoire de Nazianze reproche à Julien de tenir le diadème d'Auguste « d'un brigandage de la fortune, » âpicarpa tvxvk, tandis que les princes légitimes l'ont gagné par leur vertu, ou possédé héréditairement, ou reçu du choix de leur prédécesseur, ou, comme autrefois, en ont été investis par une décision du sénat, 9\ rfa avyrlr\ro\) pouXîfc, a>; to icoXatàv, xpt<n«. Oratio IV, 46. Cette énumération des conditions qui font le pouvoir légitime, et particulièrement cet hommage historique aux anciens droits électoraux du sénat romain, sont curieux sous la plume d'un écrivain grec du quatrième siècle.