Ammien Marcel lin, XXI
2. « Popularitatem elato animo conte m o ébat et magno. » lOirf.
goire de Nazianze, l'ont jugé, & ce point de vue, avec une indulgence que Ton pourrait trouver excessive *, bien qu'ils l'aient mêlée de quelques réserves * ; il est visible qu'ils savaient gré à Constance d'une certaine droiture d'intentions, et peut-être aussi qu'ils lui étaient reconnaissants des lois, plus théoriques apparemment que pratiques, rendues par lui contre le paganisme 3 . Hais d'autres, plus fermes, ont prononcé sur le protecteur avoué de l'arianisme de dures sentences. Saint Hilaire de Poitiers, malgré son amour de la conciliation, a marqué Constance comme d'un fer rouge 4 . Au lendemain de sa mort, le vétéran des luttes pour la divinité du Verbe, saint Athanase, déclare que Constance est demeuré dans l'impiété des ariens jusqu'à la fin 5 . Quelques années plus tard, saint Jérôme écrit dans son rude langage : « Le Seigneur se réveille; il commande à la tempête qui semblait prête à abîmer l'Église; la bête meurt, et la tranquillité revient 6 . » 11 est curieux de rapprocher de ces jugements celui d'un païen, qui regarde du dehors, et est plus sensible aux ridicules ou aux inconvénients extérieurs qu'aux ravages faits dans les âmes ; il nous montre comment toute une fraction de l'opinion publique, aussi éloignée des passions ariennes que du juste ressentiment des catholiques, appréciait le rôle religieux de Constance. « Celui-ci gâtait, dit Ammien Marcellin, par une superstition de vieille
1. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio IV, 3, 21, 34; Oratio V, 16, 17.