Saint Jérôme, In Lucif
femme la droiture et la simplicité de la religion chrétienne. Plus inquiet d'y raffiner que sérieusement appliqué à la conserver dans la paix, il excita de nombreuses discordes, dont il nourrit ensuite les progrès par des disputes de mots : au point d'énerver la poste impériale par la continuelle réquisition de chevaux et de voitures pour les évêques, obligés de courir sans cesse de synode en synode, comme ils appellent leurs assemblées, parce qu'il voulait tout ramener à son opinion 1 . »
Les obsèques de Constance furent très solennelles. Le corps du prince défunt fut conduit à Constantinople, avec une pompe royale, à laquelle présidait Jovien, qui avait alors le grade de protecteur, et qui deviendra empereur après Julien. Partout, sur le passage du cercueil à travers la Cappadoce et la Bithynie, on rendait à l'empereur mort les mêmes honneurs que s'il avait été vivant. On lui offrait Fessai de blé déposé dans les magasins pour la subsistance des troupes : on lui présentait les animaux entretenus pour le service des postes et des voitures publiques 2 . L'imagination des foules, émue de la mort rapide de Constance, et frappée de la grandeur du spectacle, créa tout de suite de gracieuses légendes : en dépit de ses sentiments ariens, Constance devint l'objet d'une sorte de canonisation populaire : on raconta qu'à l'heure où le cortège funèbre et triomphal franchissait la cime du Taurus, des voix furent entendues dans les airs, comme une psalmodie angélique 3 . Dès qu'après avoir traversé le Bosphore, le cercueil eut été