‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 79 sur 296 · Ammien Marcellin, XXII · texte numérisé non relu

Ammien Marcellin, XXII

l'empereur défunt, l'allemand Àgilo qui (avait commandé de concert avec Arbetio le corps d'observation envoyé en 361 sur la frontière des Perses. Probablement s'était-il montré aussi prompt qu' Arbetio à donner des gages au pouvoir nouveau : mais il n'avait pas le mauvais renom de son collègue, et passait pour un homme honorable *.

Les autres juges furent pris parmi les officiers ou les fonctionnaires venus avec Julien de Gaule à Constantinople. L'un était le rhéteur Mamertin, à qui Julien avait fait en quelques mois occuper les plus hauts postes, et qu'il venait de désigner pour le consulat : écrivain de talent, mais plat flatteur, dont le discours d'actions de grâces est un rare monument d'adulation. L'autre consul désigné, le Goth Nevitta, faisait également partie du tribunal. C'était lui, on s'en souvient, qui avait commandé le corps de l'armée d'invasion dirigé sur l'Orient par la Rhétie. Ammien Harcellin le représente comme un vrai Barbare, grossier, sans éducation, et abusant de son pouvoir et de sa fortune pour satisfaire sa cruauté 2 . Le commandant des troupes venues par ri ta lie, le maître de la cavalerie Jovinus, était aussi l'un des juges. On nous le peint sous des couleurs plus favorables. Il passait pour « un grand général 3 , » et, en effet, quelques années plus tard, il remportera en Gaule sur les Aiemans plusieurs victoires, qui supportent sans désavantage la comparaison avec celles de Julien 4 . Probable-

Page 1