‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 90 sur 296 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

5. Voir Homo, Le Domaine impérial à Rome, dans Mélanges de VÈcole française de Rome, 1899, p. 100-129 et pi. III.

Constance avait laissé les eunuques de sa cour prendre sur son esprit un grand empire. La direction de nombreuses affaires avait été abandonnée à des gens sans valeur intellectuelle et morale, devenus influents pour avoir su flatter la vanité du souverain. Ces favoris n'avaient vu dans leur pouvoir qu'un moyen de s'enrichir. A leur exemple, la plupart de ceux qui occupaient des emplois subordonnés avaient fait assaut de vénalité. On rencontrait ainsi, à tous les degrés de l'administration palatine, des gens partis de rien, mais ardents à saisir toutes les occasions de gain, qui avaient fait en peu d'années des fortunes énormes 1 . Leur patrimoine s'était arrondi aux dépens du public 2 . Quelques-uns, profitant de la défaveur où était tombé le culte païen, avaient obtenu la concession d'anciens domaines des temples : d'autres même s'étaient construit des maisons avec les pierres provenant de sanctuaires d'idoles confisqués ou abandonnés 3 . La présence, dans les bureaux du palais, d'hommes ainsi « engraissés des dépouilles de l'idolâtrie 4 , » devait mettre au comble la colère de Julien. Il frappa à tort et à travers 5 . Jusqu'où allèrent les exécutions? Y eut-il des disgraciés seulement, ou y eut-il aussi des suppliciés? Dans une lettre écrite par Julien aux Juifs, il est question « de barbares d'esprit et de cœur

1. « Lucra ex omni odorantes occasione, ab egestate intima ad saltum sublati divitiarum ingentium. » Ammien Marcellin, XXII, 4.

2. « Aliéna inradere aemper adsuefacti. » Ibid. — Julien ne fut pas le premier à s'en apercevoir : dispositions de Constantin au sujet des Cœsariant; Code Théodosien, IX, xlii, 1, § 4 (année 321).

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