Licinios
3. T6v 'Iiiffovv sOpà>v. D'aatres inaDa.s€rits ont tov ulov. Talbot traduit : « 8on fils (Constance). 9 Cette yenion est éTidemment&utive : les paroles
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tout venant : « Que tout corrupteur, que tout meurtrier, que tout sacrilège, que tout infâme, approche hardiment : je le rendrai tout de suite pur en le Javant dans cette eau ; et s'il retombe dans les mêmes crimes, je ferai que, en se frappant la poitrine et en se cognant la tète, il devienne pur de nouveau. » Constantin, ravi, se place près de lui, et emmène ses enfants hors de rassemblée des dieux. Hais les démons chargés de punir Tath^isme^ le tourmentent, lui et les siens, pour venger le sang de ses proches, jusqu'à ce que Jupiter lui fasse grâce, en considération de Claude (le Gothique) et de Constance (Chlore) ^. »
Même en laissant de côté les inconvenantes allusions au christianisme et à ses dogmes, qui terminent ce morceau, on ne peut voir sans surprise, dans un écrit qui a des prétentions à l'exactitude historique, et qui est signé d'un empereur, une caricature aussi grossière d'un souverain qui commit des fautes, même des crimes, mais qui porta la pourpre avec gloire pendant trente ans. La surprise s'accroît, si l'on fait réflexion que ce souverain est le fondateur de la dynastie à laquelle appartient Julien, et que le principal titre de celui-ci à occuper le trône, c'est d'être le neveu de Constantin et de faire ainsi partie, selon sa propre expression, « d'une famille régnante, qui domine sur tout l'univers ^. » Une
qui suivent sur le baptême, à leur place dans la bouche de Jésus, n'auraient pas de sens dans celle de Constance.
1. Tiic àOetfTTjTo; of icaXat&vatot 8ai(iove< (Herilein, p. 431).
2. Claude le Gothique était grand-oncle de Constance Chlore, père de Constantin.
3. 'Ev T(j^ xpaTOuvxt xal poMrtXeuovri t^; t^^ yiyt.... yv^ây-t^o^. Julien, Oratio iV (Hertlein, p. 169).
peinture aussi maladroite, aussi impolitique, s'explique seulement par l'esprit inconséquent de Julien, et par la passion religieuse qui désormais Taveuglera davantage chaque jour.
Au reste, Julien n'est guère indulgent pour ses prédécesseurs. Au risque d'avilir aux yeux des peuples la dignité impériale, dans chacun des Césars, même les plus glorieux, il prend plaisir à montrer le point faible, la tare plus ou moins cachée. Auguste est changeant comme le caméléon. Tibère, « vieux satyre, » porte les honteux stigmates de ses débauches. Caligula est précipité dans le Tartare, et Néron, qu'Apollon découronne, tombe dans le Cocyte. Vespasien offense par son avarice, Titus par le désordre de sa vie privée. Domitien mérite le carcan. Trajan marche chargé de trophées, mais, devant lui,« Jupiter fera bien de surveiller son Ganymède. » Hadrien a Tair de chercher partout Antinous. Antonin le Pieux est « modéré en tout, excepté à l'égard de Vénus. » Septime Sévère a le caractère chagrin et vindicatif. Alexandre Sévère est un niais. Yalérien porte honteusement des fers. Gallien a la mollesse d'une femme. Aurélien a commis des meurtres. Probus même, qui servit si bien l'Empire, s'est montré dur pour les soldats. Seuls trouvent grâce devant Julien Marc Aurèle (et encore fût-il trop faible pour sa femme et son fils) et Claude le Gothique, de qui les Flaviens se glorifient de descendre.
Sous les traits de Marc Aurèle, c'est Julien même qui se peint. Dès le début de sa carrière impériale, il se Tétait proposé pour modèle. A peine entré en Gaule, c'est vers cet idéal qu'il avait tenu ses yeux fixés. Il s'appliquait, dit Ammien, à l'imiter dans ses actes et
dans ses mœurs ^ Le Haro Aurèle qui se présente au banquet, devant les dieux, ressemble trait pour trait à JuUen. « Le roi Saturne, regardant Jupiter, dit qu'il est surpris de ne voir appelés à concourir que des empereurs guerriers, et pas un philosophe. « Et cependant, ajoute-t-il, ceux-ci ne me sont pas moins chers. Appelez donc Marc Aurèle. » On appelle Marc Aurèle ; il arrive d'un air grave, les yeux creusés par le travail, la mine tirée, et cependant son incomparable beauté se rehaussait encore de sa négligence et de son abandon. Il portait une barbe épaisse, des habits simples et modestes : son corps, par suite de Tabstinence, était brillant et diaphane comme la plus vive et la plus pure lumière. » C'est un peu le Marc Aurèle des bustes et des médailles; mais c'est surtout, peint en beau, le Julien du Misopogon. En couronnant l'empereur philosophe, les dieux couronnent tout ensemble Julien et Marc Aurèle.
Le pamphlet des Césars eut comme un post-scriptum dans un passage d'un autre écrit, composé un ou deux mois plus tard. Il s'agit du discours Contre Héraclius, sur l'interprétation allégorique des fables de la mythologie 2. Héraclius, philosophe cynique, qui se trouvait en même temps (union assez fréquente au quatrième siècle) être un libre penseur, venait de donner une conférence devant un nombreux auditoire. Julien y avait assisté 3 avec plusieurs de ses amis, entre autres le préfet Salluste, le maître des offices Anatole et le futur gouverneur de Cilicie, Mensurius ^. Les témérités exégétiques du