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lui demandait de faire sans délai, d'improviser en quelque sorte sous ses yeux. .
Ici apparaît tout de suite le point faible de la réforme païenne. C'est ce que saint Grégoire de Nazianze n'a pas eu de peine à montrer, à la fin de son premier discours contre Julien ^. Pour appuyer le dogme et la morale, une religion abesoin de témoignages, soit oraux, soit écrits. 11 lui faut alléguer des livres sacrés ou une tradition orale. De tradition orale, le paganisme n'en avait point, puisqu'il n'essayait même pas de rattacher ses origines à des faits historiques ; de livres sacrés, il n'en pouvait offrir d'autres que les écrits des poètes. C'est bien, du reste, la pensée de Julien ; et la manière dont lui-même cite si souvent, comme des autorités indiscutables, comme des écrivains inspirés, Hésiode et surtout Homère 2, marque clairement que, pour lui, leurs œuvres sont appelées à jouer dans le paganisme officiel un rôle presque analogue à celui de la Bible et de l'Évangile dans l'Église chrétienne. Saint Grégoire fait aisément voir combien une telle assimilation serait mensongère et combien une telle base serait fragile. Ni une doctrine suivie, formant corps, capable de rivaUser avec les grandes constructions logiques du dogme chrétien, ne peut se tirer des fables incohérentes que recueillit ou inventa le génie des poètes, ni une morale digne d'être mise en parallèle avec la pure morale de l'Évangile ne saurait découler des querelles, des cruautés et des adultères des dieux, qui forment la matière de leurs ouvrages. Hêine interprétées par l'allégorie, et filtrées